ING gagne du temps dans sa restructuration
Soulagement. Après de longues négociations, ING et la Commission européenne sont parvenus à un accord concernant le plan de restructuration du bancassureur, mis en place en 2009. Bruxelles a assoupli les exigences formulées en contrepartie de l’injection de 10 milliards d’euros par l’Etat néerlandais fin 2008.
D’une part, les trois milliards d’euros qu’ING doit encore à l’Etat seront remboursés en quatre tranches égales, assorties d’une prime de 50%. La première tranche, de 1,125 milliard d’euros donc devra être payée le 26 novembre et la dernière en mai 2015. « Ce calendrier est décevant dans la mesure où nous estimons qu’ING a les moyens de rembourser l’Etat à court terme. Mais étant donné les incertitudes des marchés, nous comprenons que l’entreprise souhaite conserver une marge de manœuvre. Si elle décidait de respecter l’échéancier, elle ne devrait pas verser de dividende avant 2016», estiment les analystes de BoA-Merrill Lynch.
L’autre dossier important concernait les cessions – certains processus étant déjà en cours en Asie et aux Etats-Unis. Alors que le plan initial fixait la date limite de vente de la totalité des actifs dans l’assurance et la gestion à la fin de 2013, l’échéancier est largement étalé. Concernant l’Asie, plus de la moitié des activités devra avoir été vendue en 2013, le solde d’ici à 2016. ING a dans ce contexte fait part cette nuit de la cession à UOB, pour 10 millions d’euros, de son activité de gestion en Thaïlande (2,9 milliards d’euros d’actifs sous gestion). Aux Etats-Unis, plus d’un quart avant la fin de l’année prochaine, plus de la moitié d’ici à la fin de 2014 et le reste jusqu’en 2016. Concernant l’Europe, ING dispose de trois ans pour trouver des acquéreurs pour au moins la moitié des actifs et devra vendre le solde avant 2019. Concernant Westland Utrecht Bank, qui devait être cédée cette année, ses activités commerciales (ainsi qu’une petite partie des créances) seront apportées à Nationale-Nederlanden (N-N) – celle-ci fait partie d’ING Insurance Europe et partagera donc son sort. Le groupe injectera préalablement 350 millions d’euros dans les fonds propres de N-N.
Si le groupe a gagné en marge de manœuvre, il a dû faire des concessions. L’interdiction de procéder à des acquisitions et les restrictions en matière tarifaire, qui devaient prendre fin ce mois-ci, ont été prolongées de trois ans, ou jusqu’à ce que plus de la moitié de l’assurance du groupe, sur les trois continents, ait été vendue. En outre, l’interdiction faite à ING d’exercer les calls sur sa dette hybride a été étendue jusqu’au mois de novembre 2014.
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