HSBC veut renforcer son moteur asiatique
Un mois après la présentation de résultats trimestriels décevants, HSBC a de nouveau peiné à convaincre les investisseurs à l’occasion de la présentation de sa feuille de route 2020. John Flint, le nouveau directeur général de la banque britannique, s’est pourtant évertué à souligner le potentiel asiatique de la banque, qui doit lui permettre de renouer avec la croissance après une baisse moyenne annuelle de 8% de ses revenus entre 2011 et 2016. Le retour à la croissance des revenus à 4% à 6% par an et un strict contrôle des coûts doivent permettre au groupe d’afficher un rendement des fonds propres tangibles (RoTE) supérieur à 11% à l’horizon 2020, contre un niveau ajusté de 8,7% en 2017.
Le delta de la rivière des Perles (PRD) est «la plus puissante opportunité» pour la banque, a notamment indiqué John Flint. Dans cette zone, au nord de Hong Kong, le groupe espère générer environ 500 millions de dollars de revenus d’ici à 2020, contre 220 millions en 2017. A moyen terme, l’essor de la classe moyenne et le développement des entreprises devraient porter l’activité à plus de 1 milliard de dollars. Si la banque y a récemment enregistré «des pressions sur ses marges», la dynamique demeure attractive. L’encours de crédits aux clients devrait y passer de 6,2 milliards de dollars à plus de 10 milliards d’ici 2020, et HSBC attend aussi beaucoup de la gestion de fortune, de la gestion d’actifs et de l’assurance.
Au-delà de la région PRD, où elle affiche une part de marché de 12%, contre 29% dans sa place forte de Hong Kong, HSBC ambitionne de renforcer tout son ancrage asiatique. Son programme d’investissement de 15 à 17 milliards de dollars sur la période sera aux deux tiers consacré à cette expansion. Alors que des rumeurs avaient évoqué la possibilité d’acquisitions, notamment pour faire gonfler le pôle de gestion d’actifs, John Flint a en revanche souligné que le groupe «ne souhaite pas à ce stade se disperser avec des opérations de M&A».
Après avoir fermé près de 100 activités et être sortie de 21 pays sous le mandat de Stuart Gulliver, HSBC entend par ailleurs capitaliser sur son réseau international, dont le maillage permet au groupe d’y générer plus de 50% de ses revenus. C’est notamment le cas de ses activités américaines, qui engendrent 24% des revenus transfrontaliers du groupe. L’activité, qui fait l’objet d’une revue stratégique, va être soumise à un programme d’optimisation et de rationalisation qui permettra quasiment «d’autofinancer les investissements», a indiqué John Flint. Son RoTE devrait gonfler de 0,9% en 2017 à plus de 6% d’ici 2020.
En France, un marché «stratégique» d’où proviennent 6% des revenus transfrontaliers du groupe, HSBC entend construire un hub post-Brexit pour la banque de gros. HSBC ambitionne enfin de renforcer ses positions sur le marché britannique, où le programme de séparation de ses activités (ring fence) «se déroule bien». Le marché des crédits hypothécaires, où la banque affiche une part de marché de 7%, est l’un des axes prioritaires.
Afin de peaufiner sa rentabilité, HSBC mise sur «un effet de levier entre revenus et coûts positif chaque année» pour amortir la charge de son programme d’investissement, dont un tiers sera consacré aux technologies. Cet effet de levier devrait atteindre 1% cette année, tandis que les actifs pondérés du risque seront redéployés pour modérer leur croissance à 1-2% par an. Les marchés ont cependant été déçus par la «guidance» concernant le dividende, maintenu aux niveaux actuels, et surtout l’absence d’un réel programme de rachat d’actions sur l’horizon du plan. En perte la majeure partie de la séance, l’action a finalement grappillé hier 0,01%.
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