HSBC subit la politique économique chinoise

Les investisseurs ont sanctionné les perspectives moins favorables dans l’empire du Milieu et dans certaines économies émergentes
Antoine Landrot

La forte présence de HSBC en Asie – d’où sont tirés 65,8% de son bénéfice imposable – n’a pas joué le rôle attendu de relais de croissance au premier semestre. La banque britannique enregistre un recul de ses revenus: -12% hors effets de l’évolution de la dette propre, à 34,4 milliards de dollars (soit 26 milliards d’euros).

Les perspectives de croissance chinoises en baisse pèsent et pèseront sur le groupe. Le bénéfice imposable a chuté de 17% (à 5 milliards) en Asie-Pacifique (hors Hong-Kong), notamment de 24% en Chine continentale. Sur ce marché, «nous pensons que [les réformes économiques] limiteront le rythme de croissance de la Chine à 7,4% en 2013 et 2014, ce qui affecte déjà d’autres économies», indique la banque.

Par ailleurs, les filiales au Brésil et au Mexique ont enregistré d’importantes provisions pour créances douteuses, qui ont entraîné un recul important du bénéfice avant impôt en Amérique latine (-62% à 466 millions d’euros).

En conséquence, le bénéfice avant impôt de HSBC, en hausse de 10% à 14,1 milliards de dollars, est inférieur aux attentes (14,6 milliards). Déçus, les investisseurs ont aussi sanctionné les moindres perspectives de croissance en Asie. Le titre a chuté de 4,4% à 721,7 pence.

«A plus long terme pourtant, les perspectives de cash-flow demeurent intactes et HSBC reste l’une de nos valeurs favorites», note Credit Suisse. Le plan de réduction des coûts a permis à la banque d’économiser 800 millions de dollars. Les frais opérationnels ont reculé de 8%. Mais HSBC a passé 600 millions de provisions pour litiges supplémentaires, reflétant la multiplication des procédures à l’encontre du secteur.

La banque a enregistré une perte de 300 millions de dollars sur la cession d’un portefeuille de prêts non immobiliers de 3,7 milliards de dollars, un montant inférieur à ses anticipations. Le portefeuille américain de prêts aux particuliers a été réduit de 10 milliards au cours du semestre, à 36 milliards. Les onze cessions annoncées depuis le début de l’année, portant le total à 54 depuis 2011, ont permis de libérer environ 80 milliards de dollars d’actifs pondérés. HSBC veut en libérer 15 milliards de plus. En revanche, ses fonds propres réglementaires en norme Bâle 3 ont reculé de 20 points de base, à 10,1%.

HSBC versera 20 cents par action au titre du bénéfice semestriel, qui atteint 10 milliards de dollars (+23%).

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