HSBC reconnaît ses fautes devant le Sénat américain
L’audition de HSBC devant une commission sénatoriale américaine hier a d’ores et déjà fait une victime. David Bagley, responsable de la conformité du groupe, a en effet annoncé qu’il démissionnait de son poste lors de son audition.
Cette décision fait suite à la publication d’un rapport de 340 pages par la commission sénatoriale faisant état de tous les manquements et défaillances en matière de procédures d’anti-blanchiment du groupe bancaire britannique dans plusieurs de ses filiales. La commission s’est penchée en particulier sur le cas de la filiale mexicaine, qui entre 2007 et 2008 a acheminé quelque 7 milliards de dollars au sein des opérations américaines de la banque.
A plusieurs reprises, le rapport a précisé que les autorités américaines et mexicaines avaient averti la banque que de tels montants ne pouvaient être atteints que s’ils avaient un lien avec les recettes du trafic de drogue. Interrogé sur cette question, Paul Thurston, qui a supervisé les opérations mexicaines de HSBC pendant dix ans, a reconnu durant son audition qu’il avait découvert un certain nombre de comptes suspects qui lui avaient « coupé le souffle».
Le professionnel a cependant expliqué ces défaillances par le fait que la filiale mexicaine, qui enregistrait alors une forte croissance, avait mis au point un système d’antiblanchiment au sein de chacune de ses 1.300 agences. Si depuis les procédures d’antiblanchiment ont été centralisées, la banque a cependant eu des difficultés à répondre aux alertes concernant les transactions suspectes. Leur nombre pouvait atteindre jusqu’à 1.000 par semaine, selon Paul Thurston.
La filiale mexicaine avait aussi une filiale aux Iles Caïmans, qui n’avait ni bureaux, ni salariés, mais encore quelque 20.000 comptes clients au début de cette année. Si l’ensemble de ces comptes ont été passés au peigne fin et déclarés conformes par HSBC, la banque a néanmoins décidé de les fermer, selon David Bagley.
La commission sénatoriale, qui s’est également penchée sur les liens de HSBC avec la banque Al Rajhi Bank en Arabie Saoudite et ses possibles ramifications terroristes, a également incriminé les manquements de l’Office of the Comptroller of the Currency dans cette enquête. Ce bureau, qui dépend du Trésor américain, a ainsi été vivement critiqué pour ne pas être parvenu à stopper les pratiques de HSBC.
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