HSBC Holdings est à son tour inquiétée pour blanchiment de fraude fiscale
La pression monte sur le groupe HSBC. Alors que le Parquet national financier avait requis il y a un mois un renvoi en correctionnelle de la filiale suisse de banque privée HSBC Private Bank, les magistrats se tournent désormais vers la maison mère londonienne du géant bancaire britannique. HSBC Holdings a ainsi indiqué jeudi avoir été informée, le 8 avril, de sa mise en examen dans le cadre de l’instruction pénale entourant le blanchiment aggravé de fraude fiscale reproché à sa filiale. La maison mère devra en outre verser une caution de 1 milliard d’euros.
«HSBC Holdings Plc considère que la décision des magistrats est infondée, et que le cautionnement est injustifié et d’un montant démesuré», a précisé le groupe dans un communiqué, ajoutant qu’il «entend interjeter appel de cette décision et se défendra vigoureusement dans toute future procédure».
Selon une source proche du dossier contactée par L’Agefi, la maison-mère est mise en examen pour «complicité de blanchiment de fraude fiscale aggravée», et devra s’acquitter de sa caution d’ici au 20 juin. Joint par téléphone, l’avocat de la banque n’a pas souhaité faire de déclaration.
L’ampleur du cautionnement, qui garantit le paiement d’une amende lors d’un éventuel procès, traduit l’importance des sommes en jeu. Selon Reuters, les juges d’instruction ont évalué que 2,2 milliards d’euros de fonds avaient été blanchis par HSBC Private Bank. Lors de sa mise en examen fin novembre, cette dernière n’avait pourtant été soumise qu’à une caution de 50 millions d’euros. Le droit français prévoit en effet que l’amende maximale encourue pour blanchiment de fraude fiscale est fixée à la moitié des sommes blanchies, mais est aussi limitée par les ressources de l’entité juridique. Poursuivre la holding permet une caution bien plus élevée.
La mise en examen de HSBC Holdings intervient dix jours après celle de la division française d’UBS, qui doit pour sa part verser une caution de 40 millions d’euros. Jusque-là simple «témoin assisté», la filiale se voit désormais reprocher les mêmes faits de blanchiment aggravé de fraude fiscale que sa maison mère. Mi-décembre, la Cour de cassation avait finalement validé la caution de 1,1 milliard d’euros imposée à UBS, qui avait alors annoncé son intention de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Plus d'articles du même thème
-
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM. -
Les acheteurs de dette française attendent beaucoup du prochain quinquennat
Pour Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, la croissance de la France restera trop faible pour envisager une réduction rapide du déficit public. En revanche, les investisseurs attendent une clarification des orientations politiques du pays pour acheter davantage de dette. -
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le nouveau cadre SFDR se précise mais des désaccords demeurent chez les professionnels
- La France recule au 29ᵉ rang mondial du classement retraite de Natixis IM
- L’Europe lance un Pacte des investisseurs institutionnels européens pour la tech européenne
- Les assureurs ont orienté leurs achats vers la dette longue en 2025
- La Caisse des Dépôts va cesser de souscrire des obligations d'entreprises pétrolières
Contenu de nos partenaires
-
Bertrand Martinot : « Un retour aux 39 heures serait tout aussi absurde que les 35 heures »
Selon une note de l'économiste pour la Fondapol, un alignement du temps de travail des Français sur celui des Allemands générerait 110 milliards d’euros de PIB supplémentaire -
Comptes publicsLa réponse à la « crise » du pouvoir d’achat est dans la croissance
La France paie les erreurs des politiques économiques depuis 30 ans. La faiblesse de la croissance ne permet pas une hausse des salaires suffisante pour soutenir le pouvoir d'achat -
Visite du pape en France : à Paris, 800 000 personnes ont assisté à sa messe place de la Concorde
Devant 700 000 personnes assistant à sa grande messe sur la place de la Concorde, samedi 26 septembre, Léon XIV a encouragé les chrétiens « à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’Amour de notre Seigneur bien-aimé, Jésus-Christ »