Groupama va revoir sa copie dans les dossiers Premafin et Fondiaria
Ni retrait, ni OPA. Groupama va revoir sa copie dans les dossiers Premafin et Fondiaria Sai afin de lever les préventions de l’autorité boursière italienne. Réuni hier, le conseil d’administration de l’assureur mutualiste «a demandé à la direction générale d'étudier les options possibles pour la négociation d’un nouvel accord avec la famille Ligresti qui répondrait aux contraintes posées par la Consob», selon un communiqué publié hier soir.
La Consob a jugé le 4 mars que Groupama serait dans l’obligation de lancer une offre publique d’achat sur Premafin, la holding des Ligresti, et sur sa filiale Fondiaria, selon les termes de l’accord signé le 29 octobre 2010. Celui-ci prévoyait une prise de participation de 17,1% de l’assureur français dans Premafin, dans le cadre d’une augmentation de capital de la holding, très endettée. Une opération destinée à refinancer Fondiaria.
Le pacte d’actionnaires signé entre Groupama et les Ligresti était assorti de clauses qui ont motivé la décision de la Consob. Ce sont ces dispositions, dont certaines étaient inédites en Italie selon le gendarme boursier, que les deux partenaires vont s’efforcer de renégocier. Sont visées notamment les clauses de lock-up en cascade qui imposaient pendant deux ans aux Ligresti de ne pas céder de titres Premafin, à la holding de ne pas vendre d’actions Fondiaria, et à l’assureur italien de conserver à son tour ses parts (62% environ) dans sa filiale cotée Milano Assicurazioni. La Consob a jugé ces clauses trop larges, estimant qu’elles constituaient un changement matériel dans la gestion de Premafin. Elle a aussi pointé du doigt la faiblesse du propre pacte en vigueur entre les Ligresti, et les liens entre Groupama et Vincent Bolloré, qui détient plus de 5% de Premafin.
De sources proches, la renégociation de l’accord rend à ce stade peu plausible l’hypothèse de cessions d’actifs qui profiteraient à Groupama. La Bourse de Milan s’est pourtant enflammée hier sur l’hypothèse d’une vente de Milano Assicurazioni, dont le titre a bondi de 9,5%, portant la capitalisation boursière de la compagnie à 770 millions d’euros. Accord avec Groupama ou pas, l’équation financière de Fondiaria Sai reste en effet inchangée: l’assureur a besoin de lever 460 millions d’euros de capital pour restaurer ses ratios de solvabilité. Et Premafin, qui en contrôle 47%, n’a pas les moyens d’assumer seul cette opération.
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