Groupama se retrouve dans l’impasse sur le dossier Fondiaria
Les ambitions de Groupama en Italie se retrouvent fortement compromises suite à l’avis rendu vendredi par la Consob. L’autorité boursière italienne impose en effet à l’assureur français le lancement d’une offre publique d’achat (OPA) sur Premafin, la holding de la famille Ligresti, et sa filiale Fondiaria dans le cadre de son projet de prise de participation au capital des deux entités.
Alors que Groupama souhaite prendre 17,1% de Premafin et envisageait une entrée au capital à hauteur de 17 à 20% dans Fondiaria, l’assureur avait soumis ce projet, sous peine d’y renoncer, à la condition d’obtenir une dérogation sur l’obligation de lancer une OPA sur la holding et sa filiale.
Groupama a indiqué samedi avoir reçu les motivations de la décision de la Consob. «Le groupe procèdera dans les jours qui viennent à l’analyse de ces motifs, de leurs implications et des options ouvertes pour le groupe», explique l’assureur français par voie de communiqué. La Consob pointe du doigt les accords passés entre Groupama et la famille Ligresti.
Mi-février, à l’occasion de la présentation des résultats annuels de Groupama, le directeur général Jean Azema avait estimé qu’une prise de participation dans Premafin était «intéressante», en premier lieu «d’un point de vue financier au regard de la valorisation dans un environnement de marché italien difficile», mais également «en cas d’évolution au niveau de Premafin».
Alors que Groupama a prévu d’investir 145,7 millions d’euros dans le cadre de l’augmentation de capital de Premafin de 225,7 millions d’euros, l’obligation de lancement d’une OPA nécessiterait des moyens financiers d’une autre ampleur. La capitalisation de marché de Premafin s’élevait en effet à 303,6 millions d’euros vendredi soir, tandis que celle de Fondiaria, hors intégration de l’augmentation de capital de 460 millions d’euros, dépassait le milliard d’euros.
Groupama, qui envisage depuis de nombreuses années de s’introduire en Bourse afin de pouvoir financer une acquisition d’envergure, a par ailleurs indiqué mi-février que ce projet n’interviendrait pas avant 2012. Le projet italien, soumis à plusieurs freins tels que la réticence évoquée par certains membres de Fondiaria, risquerait en outre de refroidir les investisseurs.
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