Goldman Sachs est pénalisée par un recul de l’activité de trading
Les déceptions se suivent dans les banques américaines. Tout comme Citigroup mardi, Goldman Sachs a d’autant plus déçu les investisseurs hier qu’elle était apparue ces dernières années comme une citadelle relativement épargnée par les affres de la crise financière. La banque a vu son bénéfice 2010 chuter de 37% par rapport à 2009, à 7,7 milliards de dollars, pour un revenu de 39 milliards, en recul de 13%.
Après avoir connu un exercice exceptionnel en 2009, grâce à sa capacité à profiter de la volatilité des marchés, l’effet de base a donc été très particulièrement défavorable l’année dernière.
A l’instar de Citigroup et JPMorgan, les comptes de Goldman Sachs ont souffert de sa mauvaise performance dans le trading sur les taux, les changes et les matières premières (fixed income, currency and commodities, FICC) au cours des trois derniers mois: les revenus du pôle ont chuté de 48% par rapport au quatrième trimestre 2009 (à 1,64 milliards de dollars) et de 37% pendant l’année (à 13,7 milliards de dollars).
«Au cours du quatrième trimestre, l’activité de FICC pour compte de tiers a travaillé dans un contexte agité, caractérisé par un niveau d’activité réduit des clients», explique la banque dans son communiqué. Le marché obligataire a en effet été perturbé par les incertitudes pesant sur la dette souveraine européenne et le programme de rachat des bons du Trésor américain par la Réserve fédérale.
Un tel recul a pesé sur l’ensemble du groupe, qui voit son bénéfice net trimestriel reculer de plus de moitié (-53%) sur 12 mois, à 2,2 milliards de dollars. Cette chute avait été plutôt anticipée par les analystes (d’autant plus que le montant reste de 28% supérieur au résultat du trimestre précédent), mais pas celle des revenus (-10% à 8,6 milliards).
Alors que le niveau de rémunération de ses banquiers est devenu un sujet de polémique récurrent depuis la crise, Goldman Sachs affiche un recul de 5% de la rémunération («compensation and benefits»), à 15,4 milliards de dollars. La taxe britannique sur les bonus a représenté 465 millions de dollars. Mais le poids des rémunérations dans les revenus a mécaniquement progressé, passant de 35,8% à 39,3%.
Malgré une confiance affichée dans le redressement de l’économie, Goldman Sachs doit donc prouver qu’elle peut conserver son rang en dépit de la limitation imposée par la réglementation de l’activité de trading pour compte propre.
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