Goldman Sachs a souffert sur les marchés de taux en 2014

Si les provisions pour litige pèsent peu par rapport à ses concurrentes américaines, le pôle FICC n’est plus que l’ombre de lui-même.
Antoine Landrot

A l’instar de ses compatriotes qui ont publié leurs comptes 2014 quelques jours avant elle, la banque américaine Goldman Sachs a souffert au quatrième trimestre. Les causes sont à peu de choses près les mêmes: un trading obligataire en berne et des provisions pour litiges toujours importantes.

La déconvenue est particulièrement forte dans le négoce sur les marchés de taux, change et matières premières (fixed income, currencies and commodities, ou FICC). L’établissement affiche en effet son pire trimestre en la matière depuis une décennie. Comme ses homologues, il n’a pas résisté à la volatilité du marché, alimentée par la chute du prix du pétrole et des chiffres macroéconomiques décevants en fin d’année. Ces tendances se sont greffées sur un cadre réglementaire structurellement défavorable au trading.

Grevés en particulier par une contre-performance dans les titres adossés à des prêts hypothécaires et les obligations d’entreprises, les revenus de l’activité FICC ont décliné de 29% au cours du dernier trimestre 2014, à 1,22 milliard de dollars (1,06 milliard d’euros). Le recul aurait pu être pire si les revenus issus du trading des matières premières et sur les changes n’avaient pas été bien orientés.

A titre de comparaison, les revenus en FICC ont reculé de 14% chez JPMorgan, de 16% chez Citigroup et de 30% pour Bank of America. Toujours est-il que le pôle FICC ne représente plus que 16% du chiffre d’affaires de Goldman Sachs, contre 40% dans les années phares, notamment en 2009.

Dans ce contexte volatil, les revenus de la division banque d’investissement (conseil en fusions-acquisitions et en introductions en Bourse, émissions primaires actions et obligations) accusent une baisse de 16% au quatrième trimestre (à 1,44 milliard de dollars), en raison d’un recul dans les émissions primaires.

En revanche, Goldman Sachs se distingue positivement par un recul de ses provisions pour litiges: celles-ci ont diminué de 71% au dernier trimestre, à 161 millions de dollars, et de 22% pour l’année (à 754 millions).

En conséquence de ce portrait globalement négatif, Goldman Sachs affiche sans surprise un bénéfice net en baisse de 7%, à 2,17 milliards de dollars (soit 4,38 dollars par action), ce qui reste toutefois supérieur au consensus Reuters (4,32 dollars). Des grands établissements américains à avoir publié leurs comptes, Wells Fargo est le seul à présenter une hausse de son résultat net. Mais c’est essentiellement une banque commerciale.

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