Generali prévoit toujours plus pour ses actionnaires d’ici 2024
Generali veut continuer à accélérer le retour aux actionnaires. L’assureur italiena annoncé mercredi, lors de la présentation de son nouveau plan stratégique, viser une croissance annuelle des bénéfices comprise entre 6% et 8% pour la période 2022-2024. Il veut porter la remontée de trésorerie à la holding autour des 8,5 milliards d’euros sur la période. Après avoir déjà versé 4,5 milliards d’euros à ses actionnaires sur la durée de son précédent plan stratégique de 2019 à 2021, les dividendes cumulés sur la prochaine période de trois ans s’établiraient entre 5,2 et 5,6 milliards d’euros. Dés l’an prochain, il prévoit de racheter pour 500 millions d’euros d’actions. Une première en quinze ans.
Le nouveau plan, «Partenaire à vie 24», est une continuation du plan 2019-2021, dont les objectifs ont été dépassés, ou réalisés. Il s’organise autour de trois piliers : poursuivre une croissance durable, améliorer le profil des revenus et «être un champion de l’innovation». Ce dernier pilier prendra d’abord la forme d’investissements de 1,1 milliard d’euros dans la technologie et la transformation numérique entre 2022 et 2024 (+60% par rapport à «Generali 2021»). Ils visent à réduire de 2,5 à 3 points le ratio revenus/coûts du groupe. Mais il inclura aussi un fonds de capital-risque de 250 millions d’euros destiné à saisir les opportunités à fort potentiel dans les assurtechs.
Gestion d’actifs
Concrètement, l’assurance devrait représenter plus de 4% de la croissance annuelle des bénéfices. La gestion d’actifs et le redéploiement du capital se chargeraient d’apporter les pourcentages restant, à parts égales. Du côté assurance, Generali veut consolider sa place de leader européen et accélérer sur les segments qu’il a définis comme clé : les PME, les soins aux personnes âgées et l’assurance voyage aux Etats-Unis. En vie, il compte pousser les solutions hybrides.
Les acquisitions réalisées en 2021 devraient continuer à apporter de la valeur. Philippe Donnet, président directeur général, a annoncé qu’un accord avait été conclu pour acquérir La Médicale. L’assureur entend continuer à consolider sa place en Europe et accélérer en Asie grâce aux fusions-acquisitions. Ainsi, 2,5 à 3 milliards d’euros seront «redéployés de façon discrétionnaire dans des initiatives qui génèrent une croissance rentable et créent de la valeur, notamment des acquisitions dans les secteurs de l’assurance et de la gestion d’actifs», précise le groupe.
Côté gestion d’actifs, Generali affiche un objectif de taux de croissance annuel moyen des revenus de 7% jusqu’à 2024 pour atteindre 1,3 milliard d’euros. Cette hausse de 250 millions par rapport au niveau estimé de 2021 sera répartie entre la hausse des revenus captifs (150 millions) et des revenus de tiers (100 millions), «tirant parti de la montée en puissance des boutiques soutenue par une offre de produits plus large et l’expansion du réseau de distribution».
Désaccords stratégiques
La veille, ce plan a été approuvé par treize membres du conseil d’administration sur les quinze qui le composent. Deux désapprobations sur fond de désaccords stratégiques alors que la reconduction de l’ensemble du conseil d’administration et de Philippe Donnet sera sur la table de l’assemblée générale du 29 avril. Le magnat de la construction, Francesco Gaetano Caltagirone, et le fondateur du géant de la lunetterie Luxottica, Leonardo Del Vecchio, entendent saisir l’opportunité donnée par une modification des statuts pour présenter leur propre liste.
Les deux actionnaires, qui représentent environ 14% du capital, ont dévoilé en septembre un pacte de consultation sur les décisions concernant Generali, et indiqué travailler sur une gestion plus rentable et efficace. Ils critiquent notamment la politique d’acquisitions de l’assureur, et souhaiteraient voir Generali accélérer dans la gestion d’actifs.
A la mi-journée, le titre Generali gagnait 0,38% à la Bourse de Milan.
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse