Generali écarte la nécessité d’une augmentation de capital
Mario Greco est attendu comme le Messie à Trieste. Arrivé le 1er août à la direction générale de Generali, l’ex-consultant de McKinsey puis dirigeant de Zurich a promis un nouveau plan stratégique lors des résultats du troisième trimestre. La restructuration de la compagnie italienne, pire performance boursière des grands assureurs européens (Allianz, Aviva, Axa, Zurich) ces cinq dernières années, s’impose.
Les maux de Generali sont connus. Avec 46 milliards d’euros d’emprunts d’Etat italiens en portefeuille, l’assureur est devenu le meilleur moyen pour un investisseur de parier sur une aggravation de la crise des dettes souveraines en Italie. Sa solvabilité, sous les standards actuels, est aussi la plus faible parmi ses pairs européens, avec un ratio de 130% à fin juin. Elle est encore menacée par une épée de Damoclès: le rachat contractuellement obligatoire, en juillet 2014, de la part de 49% que l’homme d’affaire Petr Kellner détient dans Generali PPF Holdings, la société commune qui porte les activités de l’assureur en Europe centrale. Un débours potentiel que la compagnie estime à 2,5 milliards d’euros au moins.
Les dirigeants du groupe ont cependant exclu hier la nécessité d’une augmentation de capital. Ils peuvent mettre en avant le redressement de 13 points du ratio de solvabilité du groupe entre fin 2011 et fin juin, et des résultats semestriels de meilleure tenue que l’an dernier. Le résultat net du premier semestre a progressé de 4,5% à 842 millions d’euros. Au deuxième trimestre, le bénéfice net est passé de 190 à 274 millions en un an, sachant que celui de 2011 avait été affecté par des dépréciations sur la dette grecque et le portefeuille actions du groupe. Le lion de Trieste s’attend à une amélioration de son résultat opérationnel pour l’ensemble de 2012.
En France, deuxième marché du groupe, l’assureur a enregistré une hausse de 3% de ses primes, et de 3,4 % du résultat opérationnel à 466 millions sur les six premiers mois de l’année. Le ratio combiné reste stable à 98,4% dans la branche dommages. La décollecte nette est en revanche impressionnante dans l’activité vie: près de 1,7 milliard d’euros de retraits au premier semestre, contre 629 millions d’euros de collecte positive un an plus tôt.
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