François Pérol joue une partie serrée pour rester à la tête de BPCE
Candidat à sa propre succession à la tête de BPCE, François Pérol veut accélérer le processus et prendre ses concurrents de court. Le président du directoire du groupe mutualiste, dont le mandat arrive à échéance en juillet 2013, souhaite obtenir son renouvellement dès cet automne, comme l’a révélé Le Figaro. Interrogé par L’Agefi, le groupe ne commente pas, mais ne dément pas l’information.
Avec le récent départ d’Olivier Klein à la Bred, le directoire de BPCE a perdu l’un de ses piliers et doit de toute façon évoluer. La banque a par ailleurs engagé cet automne la préparation de son nouveau plan stratégique, qui doit être présenté autour de mai ou juin 2013. Un plan qui devrait tenir compte de la nouvelle donne réglementaire et économique: avec une croissance quasi-nulle des revenus dans les réseaux français et une rentabilité du secteur que la plupart des banques estiment désormais entre 10% et 12%, BPCE devrait mettre l’accent sur les économies pour dégager un RoE supérieur à son coût du capital. La logique voudrait que le président qui présentera ce plan au printemps soit aussi celui qui le mette en œuvre.
En 2009, l’Etat avait imposé François Pérol à la tête des Banques Populaires et des Caisses d’Epargne, ce qui lui vaut d’être soupçonné de prise illégale d’intérêt. Les pouvoirs publics avaient alors apporté 7 milliards d’euros au groupe pour éponger les pertes de Natixis. Cette fois, le conseil de surveillance aura la main sur la nomination du futur président. Il se compose de 18 membres, dont 4 indépendants, les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne comptant chacune 7 représentants. Ce qui n’empêche pas le groupe, très politique, de tenir compte du changement de majorité en France.
La partie est loin d’être gagnée pour François Pérol. Au bord du gouffre en 2009, BPCE a tenu les objectifs de son plan 2012, qui mettait l’accent sur le renforcement de sa solvabilité: l’Etat a été remboursé, Natixis redressé, et le ratio core tier one augmenté de 3,6 points en trois ans à 10%. De quoi susciter aujourd’hui les vocations de président.
Quant aux banques régionales, elles ont des motifs de plainte: elles ont dû se priver de dividendes sur leurs titres BPCE SA, et renflouer l’organe central. De sources internes, les Caisses d’Epargne pourraient même devoir cette année déprécier cette participation, après l’avoir déjà dévaluée de 1 milliard d’euros à fin 2011.
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