Fitch fait preuve de pessimisme pour le secteur de l’assurance en France

Selon l’agence de notation, la rentabilité demeure toujours sous pression tant en vie qu’en dommages dans un contexte de taux bas
Thomas Carlat

L’optimisme n’est toujours pas de rigueur pour le marché français de l’assurance. Dans une étude publiée hier, Fitch Ratings estime que la pression reste encore très forte sur la rentabilité des compagnies, tant en assurance vie qu’en assurance dommages.

Certes, en assurance vie, l’agence de notation a révisé sa perspective de négative à stable. «Mais nous maintenons notre opinion négative sur les fondamentaux de l’activité», explique Marc-Philippe Juilliard, directeur senior chez Fitch Ratings. Malgré une reprise de la collecte depuis 2009 après deux années de baisse en 2007 et 2008, les marges des assureurs vie demeurent en effet faibles, selon l’agence de notation. La faute à l’environnement actuel de taux d’intérêt bas, entraînant à la fois une baisse de leurs revenus d’investissement et une réduction des marges sur les contrats en euros.

En outre, les assureurs vie pâtissent d’un mix-produits défavorable. La collecte s’oriente toujours majoritairement vers des produits en euros (87% de la collecte à fin août) au détriment des contrats en unités de compte, générateurs de marges plus élevées et, surtout, moins consommateurs de fonds propres. Résultat: la rentabilité de l’assurance vie reste plus que jamais sous pression. «Elle le restera tant que les niveaux de marge ne pourront pas être restaurés et que les assureurs ne réussiront pas à vendre des unités de compte», juge Marc-Philippe Juilliard.

La situation n’est guère plus brillante en assurance dommages, l’agence ayant maintenu sa perspective négative pour le secteur. Depuis deux ans, la recrudescence de la sinistralité a sérieusement affecté la rentabilité technique des compagnies. «Le redressement demeure incertain, estime même Vanessa André, directeur chez Fitch Ratings. Il dépendra de la rapidité et de l’efficacité de la mise en œuvre des augmentations tarifaires décidées par les compagnies.» Or, les hausses tarifaires mises en œuvre depuis 2009, de l’ordre de 1% à 3%, ont été insuffisantes à ce stade.

A cette difficulté s’ajoute la baisse des rendements de leurs actifs, liée à la chute des taux d’intérêt. «Les assureurs ne peuvent plus compter sur les revenus financiers pour compenser la dégradation de leurs résultats techniques», indique Marc-Philippe Juilliard. Dans un tel contexte, Fitch ne s’attend pas à une amélioration de la rentabilité des assureurs non vie en 2010.

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