Fitch dresse un bilan en demi-teinte du marché français de l’assurance
Le marché français de l’assurance vie traverse une zone de turbulences. Hier, Fitch a abaissé la perspective du secteur de stable à négative estimant que la pression est forte sur la rentabilité des acteurs. «La situation n’est pas simple en raison de la baisse du rendement des investissements liés à la faiblesse des taux d’intérêt, aux dépréciations sur les obligations d’Etat grecques et à la chute des marchés boursiers», explique Marc-Philippe Juilliard, directeur senior chez Fitch Ratings.
De fait, l’environnement de taux d’intérêt bas pèse sur les revenus financiers des sociétés et sur les marges de leurs contrats en euros, qui représentent 85% de la collecte. «Dans ce contexte, les taux servis aux assurés vont encore baisser pour 2012 de l’ordre d’au-moins 0,30 à 0,40%», estime Marc-Philippe Juilliard. En parallèle, leur dynamique commerciale est en berne, la collecte nette ayant chuté de 50% à fin août, selon la Fédération française des sociétés d’assurance. L’agence de notation table d’ailleurs sur une poursuite de cette tendance pour la fin de l’année et pour 2012.
«Depuis 2006, la collecte n’est plus structurellement en croissance», précise le professionnel. En outre, les assureurs pâtissent toujours d’un mix-produits défavorable, les épargnants se tenant à l’écart des produits en unités de compte (UC), générateurs de marges plus élevées et moins consommateurs de fonds propres. «La situation actuelle des marchés boursiers n’aide pas au redémarrage de la collecte sur les UC, souligne Marc-Philippe Juilliard. On arrive à la fin d’une phase de développement de l’assurance vie en France.»
A l’inverse, l’agence de notation a relevé sa perspective de négative à stable pour le secteur de l’assurance dommages, soulignant l’amélioration des résultats opérationnels. «Les hausses tarifaires des dernières années portent aujourd’hui leurs fruits, note Marc-Philippe Juilliard. Le ratio combiné du secteur devrait ressortir autour de 100% en moyenne, contre 104% l’an dernier.» L’agence refuse toutefois de tomber dans un optimisme béat. Outre l’absence de croissance de la matière assurable, les acteurs de l’IARD devraient payer un lourd tribut aux turbulences des marchés. «Ces événements vont avoir un impact négatif sur les rendements de leurs investissements, pesant sur leur rentabilité, en raison de provisions pour dépréciation durable, et sur leur solvabilité», précise-t-il.
Plus d'articles du même thème
-
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin. -
« Le rattrapage des actions japonaises ne se limitera probablement pas à un an »
Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut -
Think againPeut-on espérer de Donald Trump une « détente » ?
Ce scénario de « la stabilité stratégique constructive » avancé par Xi Jinping aurait de quoi séduire n’importe quel président normal, comme dirait l’autre. Mais l'Américain n’est pas normal. -
InterviewOthman Nasrou (Les Républicains) : « nos militants réclament la fin de la cacophonie »
Pour le secrétaire général de LR, l’objectif des élections internes des 8 et 9 juin est « d’avoir, avant l’été, un parti en ordre de bataille pour la présidentielle, redynamisé par l’élection de cadres motivés ».