Divers facteurs favorisent le rapprochement des mutuelles d’assurance
Depuis le 1er janvier, la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés est une réalité. Cette obligation, inscrite dans l’accord national interprofessionnel (ANI) conclu il y a près de trois ans, constitue un catalyseur pour la consolidation des mutuelles françaises, rappelle Standard & Poor’s (S&P) dans un rapport publié mardi.
L’anticipation de cette mesure a conduit à plusieurs rapprochements d’envergure au cours de ces deux dernières années. Le partenariat formé entre Harmonie Mutuelle et la MGEN a ainsi donné naissance à un ensemble pesant 4,3 milliards d’euros de primes, soit 15% du marché hexagonal de la complémentaire santé.
Si la généralisation de la complémentaire santé en entreprise est vue comme une menace pour les mutuelles «45», ces dernières tirant plus des deux tiers de leur activité des contrats individuels, la fin des clauses de désignation est en revanche perçue comme une opportunité. «Cela pourrait se traduire par un transfert d’activité en provenance des institutions de prévoyance au profit d’autres acteurs», estime S&P. Au-delà de l’ANI, plusieurs facteurs soutiennent la phase de consolidation que connaît le marché.
Un réalignement des différents codes et la popularité de certaines structures juridiques nouvelles ou existantes (Sgam, UMG, Sgaps, etc...) favorisent des unions à travers l’ensemble du spectre. Une tendance illustrée par certaines opérations en cours : Mutuelle Générale - Malakoff Médéric et Via Santé - AG2R La Mondiale. Ces véhicules permettent un traitement en tant que groupe prudentiel sous Solvabilité 2, un autre élément moteur de consolidation.
De l’avis de S&P, le mouvement est inéluctable. Il a déjà fait passer le nombre de mutuelles opérant en France de 1.158 en 2006 à 550 en 2014, selon l’ACPR. Et même si le phénomène s’est accéléré ces deux dernières années, sous l’effet d’un fardeau réglementaire encore plus contraignant, le marché reste hautement fragmenté. Malgré les récentes annonces, les 20 premiers acteurs du secteur mutualiste en santé ne représentent que la moitié du marché. En comparaison, les 20 premières institutions de prévoyance, qui dépendent du code de la Sécurité sociale, s’attribuent 98% des primes du segment.
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