Deutsche Bank se résout à lancer une augmentation de capital
La banque allemande compte lever 2,8 milliards d’euros auprès d’institutionnels en émettant 90 millions d’actions nouvelles
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Antoine Duroyon
Ces derniers mois, Deutsche Bank a tout fait pour éviter un appel au marché. La première banque allemande a fait le ménage dans ses comptes, réduisant encore les actifs pondérés du risque (RWA) de 9 milliards d’euros au premier trimestre.
Depuis le lancement en juin 2012 du programme de réduction des besoins en fonds propres, 103 milliards d’euros de RWA ont été évacués et le ratio des fonds propres durs selon les règles de Bâle 3 a progressé de plus de 280 points de base. A fin mars, il s’élevait à 8,8%, au-delà d’un objectif fixé à 8,5%.
Le duo à la tête de l’établissement, composé de Jürgen Fitschen et Anshu Jain, entend désormais accélérer le mouvement. Le groupe a ainsi dévoilé hier un projet d’augmentation de capital de 2,8 milliards d’euros, passant par l’émission de 90 millions d’actions nouvelles ouvrant droit au dividende pour 2012.
Les titres «seront placés auprès d’investisseurs institutionnels via une procédure de constitution de livre d’ordres accélérée». De quoi permettre d’atteindre un ratio core tier one selon Bâle 3 de 9,5%. En outre, l’établissement de Francfort se réserve la possibilité d’émettre environ 2 milliards d’euros supplémentaires de dette subordonnée au cours des douze prochains mois.
Deutsche Bank, qui marche dans les pas de sa dauphine Commerzbank, voit ses nerfs soumis à rude épreuve avec un risque juridique croissant. Le mois dernier, elle a relevé de 600 millions d’euros, à 2,4 milliards d’euros, sa provision juridique au titre de 2012. S&P a dans la foulée placé la note sous surveillance en évoquant des risques «substantiels» sur le niveau de capitalisation. L’agence a notamment évoqué l’éventualité d’un durcissement des exigences au niveau de la filiale américaine.
Avec cette augmentation de capital, la direction de Deutsche Bank compte rassurer les investisseurs sur la solvabilité et supporter la comparaison avec ses pairs, alors que sa rentabilité a retrouvé des couleurs. Selon les résultats publiés hier soir, le groupe a dégagé un bénéfice net de 1,7 milliard d’euros au premier trimestre pour des revenus de 9,4 milliards d’euros, au-delà du consensus des analystes (à respectivement 1,1 milliard et 9,2 milliards d’euros).
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