Deutsche Bank s’apprête à se séparer de sa filiale BHF-Bank
Dans la corbeille de Sal. Oppenheim, reprise il y a près d’un an pour un milliard d’euros, Deutsche Bank avait hérité de BHF-Bank. Cet établissement basé à Francfort, qui propose des services de banque privée, de gestion d’actifs et de banque d’investissement, affiche environ 43 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Dès juillet dernier, la première banque allemande avait lancé le processus de vente. Celui-ci vient de franchir une étape importante avec l’annonce de l’ouverture de discussions exclusives. C’est le
liechtensteinois LGT Group qui a réussi à se démarquer. Propriété de la famille princière depuis 80 ans, cette société de gestion de fortune cherche à élargir son action et a déjà lancé courant 2010 un canal de distribution en Allemagne via sa division LGT Capital Management.
Deutsche Bank et LGT ont précisé avoir déjà trouvé un terrain d’entente sur des «points clés», tout en refusant de livrer des détails supplémentaires en raison d’un pacte de confidentalité. Si l’intérêt de BNP Paribas avait un temps été évoqué, le groupe de Vaduz a dû soutenir la concurrence d’autres prétendants. Selon plusieurs sources au fait du dossier citées par Bloomberg, KKR aurait notamment étudié le dossier en compagnie de la banque allemande Bankhaus Lampe, détenue par la famille Oetker. Alors que la valeur comptable des actifs de BHF-Bank avoisine 640 millions d’euros, selon la presse allemande, l’addition pourrait se révéler nettement inférieure. Sal. Oppenheim avait racheté l'établissement en 2004 à ING pour 600 millions d’euros.
En signant avec LGT, Deutsche Bank finaliserait son désengagement complet de BHF, après avoir cédé en mars ses activités de services de titres à Bank of New York Mellon pour quelque 250 millions d’euros. La première banque allemande met ses affaires en ordre dans la perspective de l’entrée en vigueur des règles Bâle 3 sur le renforcement des fonds propres. Un bouleversement réglementaire qui va peser sur les performances de l'établissement. Dans un entretien au Handelsblatt publié jeudi, son patron Josef Ackermann s’attend néanmoins à ce que le rendement des fonds propres (RoE) avant impôt atteigne 25% dans environ trois ans. Une déclaration accueillie avec scepticisme par les analystes, qui estiment qu’un tel objectif ne pourra pas être poursuivi sans prendre des risques plus élevés.
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