Deutsche Bank ne devrait pas sortir complètement de la banque de détail
Deutsche Bank dispose maintenant de moins de dix jours pour arrêter ses options stratégiques sur le périmètre du recentrage de ses activités. Le scénario favori de la direction consisterait à vendre sa filiale Postbank tout en conservant une activité de banque de détail en nom propre, selon Reuters qui citait hier des sources proches des discussions. Seulement deux membres du directoire penchent pour l’arrêt de toute activité dans la banque de détail, tandis que six autres sont favorables à une simple cession de Postbank.
La décision de céder uniquement cette filiale, rachetée pour environ six milliards d’euros en plusieurs étapes entre 2008 et 2010, représenterait «une concession faite aux agences de notation», qui craignent qu’une sortie complète de la banque de détail ne se traduise par une augmentation du profil de risque et des coûts de financement de Deutsche Bank. Ce serait également un geste en direction du gouvernement fédéral car celui-ci redoute qu’un désengagement total de cette activité ne fasse perdre à la première banque allemande le contact avec son marché domestique. Sa banque de détail, hors Postbank, compte 730 agences et 8,5 millions de clients outre-Rhin.
En vendant Postbank, Deutsche Bank cherche à accroître son rendement des fonds propres qui s’élevait à 3% l’an dernier, loin d’un objectif fixé à 12% pour l’exercice 2015. D’importantes réductions de coûts auront lieu quel que soit le plan de restructuration retenu, dont la fermeture d’un tiers des agences restantes du groupe, soulignent ces mêmes sources.
La filiale, qui compte 14 millions de clients et 1.100 agences intégrées au réseau postal, serait cotée en Bourse, placée auprès d’investisseurs stratégiques ou vendue à un fonds d’investissement. Le principal obstacle sera de trouver un acheteur prêt à payer un prix suffisamment élevé pour éviter à sa maison-mère d’avoir à passer une dépréciation de plusieurs milliards d’euros. Signes des tensions grandissantes, les salariés de Postbank affiliés au syndicat Verdi «ont voté hier à 94,8% en faveur d’une grève illimitée».
Tous les scénarios envisagés prévoient par ailleurs des coupes sombres dans la banque d’investissement, à la fois peu rentable et très exigeante en fonds propres depuis la nouvelle réglementation. Le conseil de surveillance doit étudier ces propositions lors d’une réunion extraordinaire le 24 avril, avant d’opter pour l’un des projets avant la publication des résultats trimestriels prévue le 29 avril.
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