Deutsche Bank est dans le viseur des autorités allemandes

La Buba et la Bafin enquêtent sur des soupçons de dissimulation de pertes latentes sur dérivés pouvant atteindre 12 milliards de dollars
Benoît Menou

Des enquêteurs de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, s’envoleront la semaine prochaine pour New York afin d’interroger des salariés de Deutsche Bank, anciens et actuels.

C’est ce qu’a indiqué mercredi soir le Financial Times, qui évoque une enquête des autorités outre-Rhin (impliquant également la Bafin, le gendarme des marchés) concernant des soupçons de dissimulation de pertes latentes ayant pu atteindre 12 milliards de dollars sur l’activité de produits dérivés de la banque. Bloomberg notamment souligne que l’enquête en est à un stade préliminaire d’examen des griefs, Reuters assurant que Deutsche Bank reste présumée innocente dans ce qui est encore une «enquête de routine».

Un porte-parole de la banque allemande a démenti ces accusations, une enquête interne approfondie ayant d’ores et déjà à ses yeux mis en lumière leur manque de fondement. Elles émaneraient en effet de personnes sans connaissance directe et sérieuse du sujet. Le directeur financier Stefan Krause a indiqué en décembre que Deutsche Bank avait mandaté en mars 2010 à ce sujet le cabinet d’avocats Fried Frank Harris Shriver & Jacobson. Le dirigeant avait alors confirmé une information du Financial Times selon laquelle le groupe avait transmis le dossier interne à la SEC, qui n’a pas formellement donné suite. La Bundesbank de son côté a refusé hier de commenter une nouvelle concernant un établissement isolé.

La banque allemande n’aurait en l’espèce pas convenablement valorisé un portefeuille de produits dérivés de crédits, ne les comptabilisant pas en valeur de marché entre 2007 et 2009. Les enquêteurs de la Bundesbank doivent rencontrer à New York les spécialistes des instruments complexes incriminés, les «leveraged super senior trades».

La fraude avait ainsi de quoi selon les accusateurs sensiblement atténuer les pertes correspondantes, de 4 à 12 milliards de dollars en l’occurrence selon le Financial Times, afin d’éloigner le spectre d’un soutien financier public très dommageable en termes de réputation. Il n’empêche que Deutsche Bank subit aujourd’hui en Allemagne l’ouverture d’un nouveau front d’attaque de la part des autorités. La banque n’est pas épargnée en la matière, et a relevé le mois dernier de 600 millions d’euros, à 2,4 milliards, sa provision pour risque juridique au titre de 2012.

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