Deutsche Bank essaie d’éteindre l’incendie Danske Bank
Déjà méfiants sur la capacité de Deutsche Bank à se restructurer, les investisseurs ont un nouveau motif d’inquiétude. La première banque allemande reconnaît être indirectement impliquée dans le gigantesque scandale de blanchiment d’argent mis au jour chez Danske Bank. Hier, elle a tenté de minimiser sa position de banque correspondante, qu’elle avait reconnue lundi soir. Deutsche Bank a joué un rôle secondaire et n’avait pas besoin de tout savoir sur les personnes à l’origine des transactions suspectes, a déclaré hier Sylvie Matherat, la responsable des questions réglementaires de Deutsche Bank. En tant que correspondant, «votre seule relation est avec la banque (d’origine des paiements, ndlr), et la banque elle-même a la responsabilité de vérifier ses propres clients pour contrôler la transaction», a-t-elle expliqué lors d’une conférence à Francfort.
Deutsche Bank a pris des mesures dès qu’elle a repéré des transactions suspectes, a ajouté Sylvie Matherat. Le groupe allemand assure avoir mis fin à ses relations avec Danske en 2015, après huit ans de collaboration, mais ne précise pas le volume de transactions traitées.
En tant que correspondant bancaire, un grand établissement européen a aidé au traitement de 150 milliards de dollars (131,5 milliards d’euros) d’opérations suspectes depuis sa filiale américaine et deux banques américaines sont aussi impliquées, a déclaré lundi l’ancien salarié de Danske qui a révélé le scandale. La première serait Deutsche Bank, et les deux autres JPMorgan et Bank of America, selon Reuters.
Danske a reconnu en septembre qu’une grande partie des 200 milliards d’euros de paiements ayant transité par sa filiale estonienne entre 2007 et 2015 était douteuse et a pu servir à blanchir de l’argent russe et ukrainien. La banque danoise n’a pas tenu compte des alertes formulées dès 2007 par le régulateur estonien, puis par son lanceur d’alerte en 2014, indique aussi son rapport interne.
La BaFin, le gendarme allemand des marchés financiers, a demandé mardi à Deutsche Bank de l’éclairer sur ses relations avec Danske, avant d’ouvrir éventuellement une enquête. Le rôle des régulateurs et leur coopération sont un sujet clé dans ce dossier qui implique des Etats de la zone euro (Allemagne et Estonie) et hors zone euro (Danemark). Des enquêtes sont déjà en cours au Danemark, en Estonie, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.
En repli de 48% cette l’année, l’action Deutsche Bank a gagné hier 2,01%. Mardi, elle avait touché un nouveau plancher, à 8 euros.
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