Credit Suisse garde la tête hors de l’eau au deuxième trimestre
Souhaitant faire taire les rumeurs les plus pessimistes circulant depuis quelques jours à son sujet, Credit suisse a affirmé vendredi dans un communiqué laconique qu’il affichera des résultats positifs sur ses comptes du deuxième trimestre qui seront présentés le 26 juillet, tant au niveau du groupe que dans l’ensemble de ses divisions, notamment la banque d’affaires. La banque avait subi en début d’année une chute de 96% de son bénéfice net à 36,6 millions d’euros et fait les frais, avec UBS, d’alertes émises par la Banque nationale suisse sur le niveau insuffisant de ses fonds propres.
Une nouvelle bien accueillie, l’action progressant vendredi de 4,10% à 17,26 francs, après avoir touché son plus bas niveau depuis 1992 jeudi, à 16,35 francs. D’autant que le même jour, le Tages-Anzeiger indiquait, se référant à une séance du conseil d’administration du 22 juin, que ses deux gros actionnaires, Qatar Holding et Olayan Group, seraient disposés à soutenir sa recapitalisation.
Le quotidien suisse précise également qu’une forte fraction du conseil d’administration souhaite un changement de cap, avec un nouveau redimensionnement de la banque d’investissement et un abandon de certaines stratégies risquées avec un minimum de fonds propres. Les actifs risqués intéressent pourtant toujours la banque suisse. Elle a en effet racheté deux des cinq CDO adossés à des créances hypothécaires issues du portefeuille Maiden Lane III d’AIG cédé jeudi dernier par la Fed de New York. Sur les 3,1 milliards de dollars ainsi adjugés, Credit Suisse a mis la main sur des actifs d’une valeur faciale de 1,94 milliard, alors que Bank of America a été preneur de 1,1 milliard de titres et RBS Securities de 99 millions. Lundi, elle avait déjà mis la main sur 3,5 milliards de titres similaires, contre 397 et 388 millions pour RBS Securities et Morgan Stanley.
Au total, ce sont 22 milliards que Credit Suisse a rachetés sur les portefeuilles Maiden Lane II et III depuis le début de l’année, attiré par cette dette à haut rendement dans un contexte de faibles taux. «Compte tenu de l’amélioration du marché immobilier, nous nous attendons à une surperformance même dans un contexte d’aversion au risque» estiment les analystes de Citigroup. Selon Credit Suisse, les prix des RMBS se sont envolés de 96 cents par dollar au mois de juin, la meilleure performance enregistrée depuis un an.
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