Credit Suisse continue son grand ménage après une nouvelle perte
Credit Suisse peine toujours à se relever, après la série de crises qui ont émaillé l’histoire de la banque suisse au cours des dernières années. Plombée par une provision de 703 millions de francs suisses pour des litiges datant de plus d’une décennie, elle publie une perte nette de 273 millions de francs (284 millions de dollars) au premier trimestre.
Pris dans la tourmente des affaires Archegos et Greensill qui lui ont coûté plusieurs milliards de dollars, Credit Suisse avait débarqué son président Antonio Horta-Osorio en début d’année. Son vice-président Severin Schwan a, de son côté, annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat d’administrateur au cours de l’assemblée générale du groupe qui se tient vendredi 29 avril.
Continuant sur sa lancée, la banque suisse a annoncé, à deux jours de cette AG sous tension, le départ de trois membres du comité exécutif, dont le directeur financier David Mathers qui quittera le groupe dès que ce dernier lui aura trouvé un remplaçant. Son secrétaire général Romeo Cerutti prendra quant à lui sa retraite en juillet prochain et sera remplacé par Markus Diethelm, qui occupait les mêmes fonctions chez sa rivale UBS.
Des analystes sceptiques
Credit Suisse a également poussé vers la sortie le patron de la région Asie-Pacifique Helman Sitohang, qui restera néanmoins au sein de la banque en tant que «senior advisor». Il sera remplacé en juin par le coresponsable de la banque d’investissement dans la région, Edwin Low. La banque suisse a, par ailleurs, annoncé l’arrivée de Francesca Mc Donagh, en tant que patronne de la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), moins de 24 heures après que celle-ci a quitté la direction générale de Bank of Ireland.
L’arrivée de sang neuf au sein du top management suffira-t-elle à convaincre les actionnaires de Credit Suisse sur le fait que la banque emprunte le bon chemin pour mettre le passé derrière elle ? Rien n’est moins sûr. Les incertitudes macroéconomiques et géopolitiques secouent, en effet, fortement la banque d’investissement et la banque privée dont le revenu a baissé de 44% au cours de ce trimestre. «Cette publication constitue une nouvelle surprise négative», ont réagi les analystes de Jefferies dans une note. «Même en excluant les éléments exceptionnels, la situation de Credit Suisse reste, à notre sens, préoccupante.»
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