Crédit Agricole SA peine à offrir des perspectives aux investisseurs

Le titre connaît la pire performance des banques françaises. Le groupe porte des risques propres qui pèsent bien davantage aux yeux des marchés
Antoine Landrot
Présence du Crédit Agricole à Troyes (Aube). Photo: PHB/Agefi
Présence du Crédit Agricole à Troyes (Aube). Photo: PHB/Agefi  - 

L’action de Crédit Agricole SA (CASA), la structure cotée de la banque mutualiste, se débat dans les bas-fonds de la Bourse. Elle a atteint un plancher historique lundi soir à 3,57 euros suite à un recul de 4,47%, avant de se reprendre hier (+2,3% à 3,65 euros). Le titre a dégringolé de 22% depuis le 1er avril et de 16% en 2012. Un cours en décalage complet avec l’actif net par action, qui atteignait 16 euros au 31 décembre 2011.

CASA mérite-t-il une telle sanction ? Ses concurrents français ne la subissent pas dans les mêmes proportions. BNP Paribas et la Société Générale sont quasiment stables sur l’année, tandis que Natixis s’adjuge près de 14,5%.

«CASA souffre d’une absence de visibilité sur ses bénéfices, souligne Sébastien Lemaire, analyste à la Société Générale. En décembre dernier, la banque avait donné des orientations très pessimistes pour 2012, en soulignant l’effet de la réduction de son bilan et la situation de sa filiale grecque Emporiki. Or, ce sont des risques qui lui sont propres, auxquels viendront s’ajouter les conséquences d’une éventuelle dégradation de la conjoncture».

Emporiki fait en outre peser un risque de liquidité sur CASA, en raison de l’existence d’une ligne de refinancement de 5,5 milliards d’euros. «Si la Grèce sortait de l’euro, CASA subirait l’effet d’une dévaluation de la nouvelle drachme à due proportion», souligne un professionnel. En outre, les incertitudes quant au traitement sous Bâle 3 des actifs d’assurance de CASA handicapent ses objectifs de solvabilité.

Christophe Nijdam, analyste chez Alphavalue, estime que «le groupe n’a pas convaincu le marché de sa vision stratégique. Les dirigeants n’ont pas communiqué de nouveau plan détaillé lors de la publication des comptes 2011. Le marché attendait des chiffres plus solides sur la transformation du business model». A l’opposé, «BNP Paribas a reconnu l’importance de donner des perspectives au marché et son directeur général Jean-Laurent Bonnafé s’est engagé à communiquer un business plan en 2013».

Ce déficit de communication remet-il en cause la pertinence d’une cotation? «Celle-ci devait permettre de financer des acquisitions par échange d’actions et le développement international du groupe. Or, les acquisitions ont quasiment toutes été payées en numéraire et l’expansion à l’étranger s’est révélée plutôt calamiteuse», rappelle le professionnel.

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