Crédit Agricole SA attendu sur le terrain de la liquidité et de la solvabilité
Etant donné la conjoncture, il n’est pas certain que la situation de la Grèce demeure le seul sujet d’interrogation à l’égard du Crédit Agricole, qui publiera ses comptes demain.
En effet, CASA, la structure cotée du groupe, a pris les devants et détaillé fin juillet le coût de la dégradation de la situation de sa filiale Emporiki – du fait de la crise économique qui sévit dans le pays – et du plan de soutien à Athènes, auquel participent les créanciers privés: 850 millions d’euros, dont 150 millions pour le plan d’aide (L’Agefi du 29 juillet). CASA a assuré qu’il afficherait malgré tout des comptes bénéficiaires. Le consensus des analystes suivant la valeur s’établit à 196 millions d’euros de résultat net.
En revanche, à l’instar de ses consœurs, notamment françaises, la banque verte va devoir répondre aux inquiétudes des investisseurs sur son niveau de solvabilité. Les banques hexagonales souffrent en effet d’une certaine méfiance touchant leurs niveaux de fonds propres dans la perspective des règles de Bâle 3 et du traitement particulier qu’impliquera le statut de «banque systémique» (SIFI). «La solvabilité demeure un point important, notamment l’évolution du montant des encours pondérés [risk weighted assets, RWA] par rapport au premier trimestre», souligne Alex Koagne, analyste chez Natixis. Toute progression des RWA serait vraisemblablement interprétée négativement dans le contexte actuel. Ils avaient légèrement reculé au premier trimestre (de 0,8%) par rapport à la fin de l’année 2010, à 569 milliards d’euros.
La liquidité constitue une autre préoccupation vis-à-vis de Bâle 3, qui prévoit l’application de ratios de liquidité à un mois et à un an – ravivée par les tensions actuelles sur le marché du financement. «Le Crédit Agricole devra faire le point sur son programme de refinancement à court terme, notamment à travers deux éléments: ses encours de papier court terme américain et les actifs éligibles auprès de la Réserve fédérale», estime un analyste.
Pour renforcer leur liquidité, les banques universelles se sont également lancées dans une course aux dépôts. «La collecte est restée très dynamique pour les banques françaises au cours du deuxième trimestre, comme l’ont montré BNP Paribas, BPCE et la Société Générale, avec une croissance moyenne de l’ordre de 9 à 10%, rappelle Alex Koagne. Il serait de bon ton que les réseaux du Crédit Agricole et de LCL suivent cette tendance.»
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