Commerzbank teste l’appétit du marché pour ses actions
Les résultats de Commerzbank au troisième trimestre n’avaient pas convaincu de son redressement. Il n’est pas plus certain que l’opération annoncée hier – une augmentation de capital afin de racheter des titres hybrides – suffise à rassurer quant à sa solvabilité face aux nouvelles exigences réglementaires.
Hier, Credit Suisse, Citigroup, Goldman Sachs et UBS ont placé auprès d’investisseurs institutionnels 118,1 millions d’actions nouvelles de Commerzbank, équivalant à 10% de son capital moins une action. Le prix a été fixé à 5,30 euros, soit 7% de décote sur le cours de clôture de mercredi.
Les 626 millions d’euros ainsi obtenus seront utilisés pour financer une offre publique d’achat sur des titres hybrides «à un prix inférieur au pair», précise Commerzbank. «A la fin du troisième trimestre, Commerzbank affichait au total 3,774 milliards d’euros de titres hybrides classés en tier 1, dont les plus liquides présentaient une décote comprise entre 60 et 95% », révèlent les analystes de CreditSights.
L’offre, également menée par Credit Suisse, court jusqu’au 21 janvier, date à laquelle le directoire et le conseil de surveillance de Commerzbank devront valider cette double opération. Dans l’intervalle, l’assureur Allianz a accepté de procéder à un prêt de titres Commerzbank auprès de Credit Suisse, destiné aux investisseurs ayant participé à l’émission, en attendant la livraison des actions nouvelles prévue le 26 janvier.
Même si l’augmentation de capital a été sursouscrite, elle n’a pas été bien accueillie en Bourse. Le titre a chuté de 2,6% alors que les bancaires flambaient. En effet, de l’aveu même de l’établissement allemand, «la transaction ne devrait pas avoir d’effet notable sur [son] ratio de fonds propres tier 1, mais il en résultera une progression du ratio de fonds propres durs core tier 1». Selon CreditSights, «elle pourrait améliorer ce ratio d’environ 25 points de base, de 9,9% à 10,15%, laissant le ratio tier 1 inchangé à 11,2%».
Peu significative (surtout comparée aux 10,2 milliards levés par Deutsche Bank en décembre), la transaction est en revanche un moyen pour Commerzbank de tester l’appétit du marché en vue d’un appel plus ambitieux. L’établissement avait obtenu 18,2 milliards d’euros de l’Etat pendant la crise, dont 16,4 milliards du Soffin, le fonds allemand de stabilisation financière. Après l’émission, ce dernier reste d’ailleurs actionnaire à hauteur de 25% du capital.
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