Commerzbank prépare une nouvelle stratégie dans la banque de réseau
La seconde partie de l’année sera encore plus difficile que la première. La direction de Commerzbank s’est montrée peu optimiste hier, en commentant des résultats semestriels dont les grandes lignes avaient été annoncées fin juillet. «Nous nous attendons à ce que le bénéfice net au second semestre de l’année soit inférieur à celui des six premiers mois», a reconnu Stephan Engels, le directeur financier de la deuxième banque allemande. Au premier semestre, le bénéfice net a chuté de 36% à 644 millions d’euros.
La mauvaise surprise provient de la division de banque de détail. Celle-ci n’a dégagé que 14 millions d’euros de bénéfice opérationnel au deuxième trimestre, contre 79 millions un an auparavant. Son produit net bancaire a baissé de 21% à 756 millions d’euros. «L’objectif d’un milliard de profit est totalement hors d’atteinte, même si l’essentiel des bénéfices de l’intégration de Dresdner Bank est à venir», indique Dirk Becker, analyste chez Kepler Capital Markets. La direction de la banque incrimine notamment un environnement de taux peu favorable pour expliquer cette contre-performance. Mais elle reconnaît aussi implicitement le mauvais fonctionnement de son réseau de banque de détail en annonçant travailler à un nouveau plan stratégique. Il sera dévoilé le 8 novembre prochain. De nouvelles mesures de réductions des coûts sont attendues. Les revenus générés par la clientèle d’entreprises ont eux fondu de 10% au premier semestre et le bénéfice opérationnel de 7% à 878 millions, signe des effets de la crise économique sur les PME allemandes.
Cette réorganisation de la banque de détail accompagnera les mesures déjà annoncées en juin dernier. La division d’immobilier et de financement maritime (Real Estate and Ship Finance), pourtant présentée quelques mois auparavant comme l’un des trois piliers de la banque aux côtés du réseau et du financement des PME, ne verra pas le jour. Le groupe a décidé de se retirer de ces métiers. Ces portefeuilles ont été intégrés à l’unité de défaisance de la banque, dans lequel se trouve déjà le portefeuille d’obligations publiques hérité de sa filiale immobilière en difficulté, Eurohypo. L’ensemble du portefeuille jugé «non stratégique» représente 67,5 milliards d’euros d’actifs pondérés par le risque, soit 32% du total du groupe.
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