Coface pourrait perdre la gestion des garanties publiques à l’export
Retour à la case départ pour l’action Coface. Le titre de l’assureur-crédit, qui affichait encore mi-février une hausse de 14,5% par rapport à son cours d’introduction en Bourse, en juin dernier, a abandonné quasiment tous ses gains en moins d’une semaine. Outre des résultats jugés mercredi dernier un peu ternes par les analystes, Coface a surtout pâti hier de l’annonce du gouvernement français, qui étudie «la possibilité de transférer au groupe Bpifrance l’activité de gestion des garanties publiques, aujourd’hui réalisée par Coface». L’action a plongé de 6,13% à 10,63 euros.
Si une remise en cause du partenariat n’est en elle-même pas surprenante, et était déjà évoquée à l’époque de la naissance de Bpifrance en 2012, elle mettrait fin à une aventure de près de 70 ans pour le groupe, né en 1946 pour promouvoir le développement à l’international des entreprises françaises.
Privatisé en 1994, avant son acquisition par Natixis en 2002, Coface avait néanmoins conservé, en échange d’une rémunération fixée par convention, la gestion des garanties publiques. L’ensemble des flux financiers (primes, indemnités, reversements) fait l’objet d’un enregistrement comptable distinct dans les comptes de Coface, tandis que les risques sont pris en charge par l’État. Signé en février 2012, le dernier accord régissant le partenariat prend fin en décembre 2015. Il a généré des revenus de 59,9 millions d’euros l’an dernier, soit environ 4,2% de l’ensemble du chiffre d’affaires de Coface.
«Une remise en cause de la gestion de ces garanties par Coface supprimerait de nombreuses synergies, dans la mesure où ce modèle permet à la fois à l’Etat et à l’assureur-crédit de tirer un bénéfice commun du partage des compétences, des investissements et des coûts mutualisables entre les deux branches de l’activité», défend une porte-parole de Coface à L’Agefi.
Si pour l’heure rien n’est encore acté, Bercy a de son côté souligné sa volonté d’arrêter le «schéma cible» d’ici à la fin 2015, pour «une mise en œuvre rapide». Ce chantier, qui s’inscrit dans une volonté de refonte globale des procédures de soutien à l’export autour de Bpifrance, pourrait contribuer à faire renaître l’exception française en la matière à l’échelle européenne. La stimulation des aides à l’export est en effet réalisée par des groupes d’assurance-crédit privés aussi bien en Allemagne (Euler Hermes), en Italie (Sace), qu’aux Pays-Bas (Atradius) ou en Espagne (Cesce).
Plus d'articles du même thème
-
Ardian poursuit la réorganisation de sa gouvernance
François Jerphagnon succède à Mathias Burghardt à la présidence du directoire d'Ardian France. Ce dernier quitte ses fonctions exécutives pour se consacrer à l'activité Infrastructure. -
Les fonds actions des marchés émergents signent leur deuxième plus importante collecte hebdomadaire
Les fonds actions axés sur les marchés émergents ont attiré 29,6 milliards de dollars d’entrées nettes sur la semaine, d’après le Flow Show de Bank of America. -
La roupie indienne reste en mauvaise posture
Comme chaque semaine, retrouvez le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Tiré par sa banque d'investissement, BNP Paribas annonce des profits en forte hausse
- Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
- Les taux français à 10 ans passent la barre des 4%
- Olivier Gavalda succède à Daniel Baal à la Fédération bancaire française
Contenu de nos partenaires
-
PortraitQui est Laura Loomer, influenceuse proche de Donald Trump, qui a interviewé Volodymyr Zelensky ?
Jeudi, l’influenceuse, qui a longtemps relayé la propagande de Moscou sur ses réseaux sociaux, a interviewé le président ukrainien avec beaucoup de bienveillance. Un revirement étonnant -
Voyage voyageAu départ de Toulouse, Airbus réussit son essai du plus long vol commercial direct du monde
Un A350 a relié mercredi Toulouse à Melbourne en 19 heures, lors d’un vol d’essai sans escale de la compagnie australienne Qantas. Ce succès devrait permettre au projet « Sunrise » de se concrétiser. -
Second souffleAllemagne : Merz, en quête d’un rebond, change plusieurs ministres CDU
Le chancelier allemand a annoncé vendredi un mini-remaniement et a promis d’autres changements prochainement