CNP teste le marché des obligations vertes avec succès
Avec une émission de 750 millions d’euros de titres subordonnés verts, CNP Assurances a élargi son spectre d’investisseurs.
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Franck Joselin
L’assureur pourrait investir, en direct, notamment dans les forêts durables.
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Crédit European Union
Il aurait pu s’agir, pour CNP Assurances, d’une opération de refinancement tout ce qu’il y a de plus banal. Mais plutôt que d’émettre une obligation subordonnée traditionnelle, l’assureur a lancé une obligation verte (ou green bond). L’opération, annoncée en juin puis décalée, a été finalisée la semaine dernière. «Nous ne sommes pas tenus par un besoin urgent de nous refinancer. Cette émission nous permet de profiter d’un contexte de marché favorable pour poursuivre notre programme d’anticipation et d’optimisation de refinancement de dettes à échéance. C’est pour permettre aux investisseurs d‘avoir toutes les informations les plus à jour – notamment concernant le renouvellement de notre accord de distribution au Brésil - que nous avons préféré attendre quelques mois avant d’émettre notre obligation après avoir rencontré les investisseurs au mois de juin», relève Jean-Philippe Médecin, directeur compte propre et financements de CNP.
Doublée sur le fil par Generali, qui a été le premier assureur européen à émettre une dette subordonnée verte en novembre, l’émission de CNP marque l’engouement du marché pour ce type de produits. L’assureur a ainsi levé 750 millions d’euros, sous la forme d’une obligation à échéance 30 ans, avec un coupon de 2%, remboursable par anticipation en juillet 2030. «Outre le fait de répondre aux critères de Solvabilité 2, ce type de dette subordonnée présente l’avantage d’être pris en compte par les agences de notation dans leur approche du capital», explique Jean-Philippe Médecin. Les banques chargées de l’opération ont récolté 2 milliards d’euros de demandes d’investissements ce qui a permis d'émettre le titre avec un spread (écart avec le taux sans risque) de 200 points de base (pb), sensiblement inférieur à celui initialement prévu (220 pb). «Cette émission nous a permis de rencontrer des investisseurs que nous n’avions pas l’habitude de voir et de diversifier notre cible. D’ailleurs 70% des souscripteurs de cette obligation ont une approche ESG de leur investissement», précise Olivier Guigné, directeur des investissements de CNP.
Investissements directs
L’assureur a pris l’engagement d’utiliser cette dette, dans un horizon de deux ans, dans les secteurs de l’immobilier vert, les infrastructures vertes et des forêts durables. «Ces secteurs correspondent à nos univers naturels d’investissement. Par ailleurs, nous nous sommes engagés à ne pas investir nous-mêmes dans les obligations vertes avec le produit de cette émission pour privilégier des investissements directs qui limitent les intermédiaires», note Olivier Guigné.
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