Citigroup reste trop grosse pour faire faillite
Deux ans après le sauvetage express de Citigroup par le Trésor américain, les autorités s’interrogent toujours. Doit-on sauver les grosses institutions financières de leurs erreurs? La peur d’un effet domino sur l’ensemble du système bancaire qui signerait la banqueroute de l’économie se paie au risque de voir les banques se sentir intouchables.
L’inspecteur spécial du Tarp (SigTarp) craint ainsi que l’histoire ne se répète, et estime en particulier que Citigroup reste «too big to fail».
«A moins que et jusqu’à ce que des institutions telles que Citigroup soient contraintes de subir les conséquences de leurs propres folies, la perspective d’autres plans de sauvetage va alimenter un surcroît de mauvais comportements avec des résultats désastreux» estime ainsi l’inspecteur du Tarp.
Citigroup, dont les résultats seront publiés demain, est un cas d’école qui montre que l’Etat n’a pas le choix. Un mois après la faillite de Lehman Brothers, les Etats-Unis ne pouvaient pas prendre le risque de voir Citigroup plonger à son tour, entraînant dans son sillage l’écroulement du système financier international par le jeu des refinancements interbancaires et son poids en termes d’actifs. Le Trésor a donc décidé de garantir les 306 milliards de dollars d’actifs douteux présents dans le bilan de la banque et d’injecter 20 milliards de capitaux. D’ailleurs, quelques mois plus tard, la banque arrivait à dégager un résultat net de 12 milliards de dollars et ainsi à rembourser ses créances à l’Etat et retrouver son indépendance.
«Si l’intervention de l’Etat a permis à Citigroup d’être aujourd’hui plus solide que jamais, elle demeure une institution «too big too fail», avec trop d’interconnexions, et trop essentielle au système financier international pour qu’il lui soit permis de faire faillite» conclut le rapport du Tarp.
Le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, a même admis au cours de son audition devant le Tarp en décembre consignée dans le rapport publié jeudi dernier, que le gouvernement pourrait encore être contraint d’intervenir pour soutenir le système financier, même si les régulateurs disposent aujourd’hui de plus d’outils pour gérer une crise financière majeure. «A l’avenir, nous pourrons être amenés à intervenir de manière exceptionnelle dans le cas où nous serions à nouveau confrontés à un choc d’une telle ampleur».
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