Citigroup entend endiguer la grogne des actionnaires sur la rémunération des dirigeants
Citigroup prend les devants pour amadouer les actionnaires sur les bonus. La banque américaine ne souhaite surtout pas voir ressurgir le couac de la dernière assemblé générale, au cours de laquelle les actionnaires avaient rejeté, dans un vote certes consultatif mais hautement symbolique, le programme de rémunération proposé pour les dirigeants. Un vote qui n’a pas été étranger au départ contraint du directeur général Vikram Pandit.
«Quand nos actionnaires ont parlé l’an dernier au sujet de la structure de rémunération au sein de Citigroup, nous avons écouté», a ainsi déclaré hier soir dans un document réglementaire le président de la banque, Michael O’Neill, qui tient également la barre du comité interne des rémunérations. Le dirigeant s’est félicité de pouvoir présenter après mûre réflexion «une nouvelle structure de rémunération qui lie davantage rémunération et performance, renforce la gestion du risque, dans le respect des standards réglementaires».
Le document diffusé par Citigroup assure que les représentants de la banque ont dans le cadre de cette réflexion rencontré «près de vingt» actionnaires, qui ne sont pas identifiés mais représentent plus de 30% du capital. BlackRock et Vanguard figurent parmi les principaux actionnaires.
Il s’agit donc avant tout de conditionner le versement du bonus à la performance, et d’accroître la transparence. Les précédentes modalités d’attribution avaient été jugées bien trop généreuses, avec des critères à respecter trop aisément à portée de main. Le nouveau directeur général Mike Corbat, nommé en octobre dernier, recevra ainsi au titre de 2012 une rémunération totale de 11,5 millions de dollars. Un pactole dont le montant est calculé en partie selon la banque conformément aux nouvelles règles proposées et sur la base avant tout du précédent poste du dirigeant, à savoir responsable de la zone Europe, Moyen-Orient, Afrique (EMEA). Il lui faudra désormais hisser la banque à moyen terme à des niveaux de rentabilité inconnus depuis 2006 et battre un indice composite d’actions de concurrentes avant de pouvoir prétendre au versement d’un bonus maximal, notamment sous la forme de nouvelles «performance share units» (PSU).
«A première vue, le projet répond correctement à un certain nombre de soucis évoqués», a indiqué Michael Garland, responsable des questions de gouvernance pour la ville de New York, dont les fonds de pension sont actionnaires de Citigroup. Certains estiment déjà que le projet de la banque pourrait donner des idées à ses concurrentes.
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