Cinq assureurs mutualisent leurs achats dans la gestion des sinistres

Alors que les marges sont sous pression dans l’assurance dommages, Pacifica, Generali, Aviva Thélem et Sogessur se rapprochent dans Assercar et Kareo
Antoine Landrot

Leurs marges étant soumises à forte pression, les assureurs dommages se tournent vers la mutualisation. Cinq acteurs ont ainsi annoncé hier étudier la mise en commun de leurs achats liés à la gestion des sinistres en IARD: Pacifica (Crédit Agricole Assurances), Thélem, Sogessur (Société Générale), Generali France et Aviva France.

Les trois premiers avaient formé en 2004 Assercar, société qui gère leur réseau de réparateurs automobiles, tandis que les deux autres avaient constitué le GIE Kareo en 2008, dans la gestion des sinistres IARD.

Le projet en discussion consiste en un rapprochement réciproque. «Assercar aura la responsabilité de gérer le réseau de carrossiers pour l’ensemble de ses actionnaires et d’investir dans les services aux assurés (prêt de véhicule, etc.), explique Guillaume Oreckin, directeur général adjoint de Pacifica. Kareo Services sera l’instance de réflexion concernant d’autres mutualisations possibles, comme le bris de glace, l’expertise dommage aux biens, le corporel grave… Ce GIE pourra décider de la création d’autres structures de type Assercar».

Les premiers fruits du double partenariat seront d’abord visibles dans Assercar. Concrètement, cette société commune (contrôlée à ce jour à 90% par Pacifica, 5% par Thélem et 5% par Sogessur) va ouvrir son capital à Generali et Aviva. Elle devrait voir son réseau de réparateurs passer de 900 à environ 1.400 et le volume annuel de réparations de carrosserie doubler par rapport aux 90.000 interventions actuelles.

«Il est impossible d’apporter un excellent niveau de prestations sans industrialiser nos services, ce qui suppose un volume d’activité important», précise Guillaume Oreckin. Ce type de partenariat semble en effet logique. «Avec environ 19% de parts de marché dans l’assurance automobile, Covéa [qui réunit la GMF, la Maaf et MMA] en tire de réels avantages dans ses négociations avec les réparateurs agréés, explique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet de conseil Facts & Figures. Un assureur important peut obtenir entre 10% et 20% de rabais sur les pièces et main d’œuvre, ce qui correspond à plusieurs points de ratio combiné.»

Réunis, les cinq protagonistes cumulent moins de 15% du marché en automobile, soit un pouvoir de négociation inférieur à celui de Covéa. «L’étape suivante voudrait qu’un Allianz ou Groupama vienne les rejoindre», estime Cyrille Chartier-Kastler.

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