BTG Pactual va pousser ses pions en Suisse en rachetant BSI à Generali
Generali trouve enfin une voie de sortie pour BSI. En vente depuis plusieurs années, la banque privée suisse devrait passer dans le giron de la banque brésilienne BTG Pactual, entrée en négociations exclusives avec l’assureur italien. «BTG Pactual va débuter des due diligence intenses dans les semaines qui viennent pour faire une offre qui sera examinée par le conseil», a précisé hier Alberto Minali, directeur financier de Generali.
Fondée en 2008 par le milliardaire André Esteves, BTG Pactual s’est diversifiée dans la gestion d’actifs et de fortune pour s’assurer une base de commissions plus récurrente que les revenus du trading. Après l’ouverture d’un bureau de négoce de matières premières à Genève l’été dernier, le groupe confirme son intérêt pour la Suisse. Il marche sur les traces de sa compatriote, la banque familiale Safra, qui vient de mettre la main sur les activités locales de gestion de fortune de Morgan Stanley après avoir racheté la banque bâloise Sarasin en 2012. Les deux groupes figurent parmi les rares investisseurs non-helvétiques d’un marché délaissé par certains acteurs américains et européens, depuis la remise en cause du secret bancaire. Les activités suisse d’ABN Amro et Lloyds ont ainsi été reprises par la banque genevoise UBP.
Fondée dans la région italophone du Tessin en 1873, BSI a essaimé en Amérique du Sud (Montevideo, Panama et Nassau), mais aussi à Istanbul ou Singapour. La banque a publié un bénéfice brut consolidé de 197 millions de francs suisses (161 millions d’euros) en 2013, mais elle était en perte nette de 722 millions en raison d’une accélération de l’amortissement du goodwill de la Banca del Gottardo, rachetée en 2008. Une mesure «d’ordre comptable uniquement», mais bienvenue avant la cession.
BSI est valorisée entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros par les analystes, soit entre 1,3% et 1,5% de ses actifs sous gestion qui atteignaient 89,4 milliards de francs fin 2013. «La vente de BSI va plus que compenser le rachat de PPF», a déclaré Alberto Minali. D’ici à la fin de l’année, Generali doit débourser environ 1,2 milliard d’euros pour racheter à ce fonds de capital-investissement les 24% qu’elle ne détient pas encore dans leur coentreprise en Europe de l’Est. La vente de BSI s’inscrit dans un programme de cessions d’actifs de 4 milliards d’euros qui s’étale jusqu’en 2015. Le lion de Trieste a déjà retiré plus de 2 milliards de la vente de sa réassurance aux Etats-Unis et de son entité mexicaine.
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