BPCE souhaite accélérer le redressement de Meilleurtaux
Meilleurtaux.com doit passer à la vitesse supérieure. Tel est le message de BPCE, qui a nommé à la tête du courtier immobilier un nouveau directeur général, Hervé Hatt. Agé de 47 ans, ce dernier présidait depuis 2007 le comité de direction d’Axa Bank Europe et pilotait le développement des activités bancaires de l’assureur dans sept pays européens. Il remplace Christian Camus, débarqué par son actionnaire.
En poste depuis décembre 2008 après la révocation du fondateur Christophe Cremer, le directeur général sortant s’est efforcé de redresser les finances d’une société dont les Caisses d’Epargne avaient pris le contrôle en 2007 à un prix démesuré (125 millions d’euros), juste avant le creux du marché immobilier. En 2010, la filiale a réalisé une augmentation de capital de 35 millions d’euros pour éponger deux ans de pertes, a achevé la mise en place d’un plan social qui a réduit à 350 le nombre de collaborateurs à fin avril (contre près de 600 lors de son rachat), et a négocié un nouveau statut pour baisser les rémunérations variables. Ces mesures, couplées au redressement du marché français, «ont permis de revenir au point mort fin 2010», indique un proche.
Des progrès pas assez rapides aux yeux de BPCE. Le groupe veut vendre le courtier, avec lequel les synergies sont inexistantes et qui n’a pas vocation à s’adosser à une banque. Encore faut-il que la filiale soit en mesure de dégager des résultats financiers à la hauteur de sa notoriété sur la toile. Hervé Hatt aura donc pour mission d’embellir la mariée, afin que BPCE tire le meilleur prix de Meilleurtaux.
L’enjeu est en particulier de diversifier les revenus. Meilleurtaux propose déjà sur son site des comparateurs de crédit à la consommation ou d’assurance emprunteur, et commence à doter de spécialistes en consolidation de créances un quart de ses 33 agences – il compte par ailleurs 120 franchisés. Mais l’activité demeure trop corrélée aux aléas du marché immobilier. Or, une nouvelle période d’incertitude s’ouvre dans cette phase de remontée des taux. La progression de 25% en un an du chiffre d’affaires sur les quatre premiers mois de l’année, selon des sources proches, serait ainsi trompeuse, car elle reflète les transactions signées fin 2010. La fréquentation du site internet, au contraire, aurait plongé de 25% depuis avril, «du jamais vu même en 2008», indique la même source. Ce qui trouble l’horizon du deuxième semestre.
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