BPCE se satisfait de son retour parmi les banques systémiques mondiales
BPCE figure de nouveau dans la liste des banques systémiques d’importance mondiale, dévoilée vendredi par le Conseil de stabilité financière (FSB). Le groupe mutualiste français en avait été retiré en novembre 2017, lors de la précédente mise à jour. Alors que ce club de 29 banques fait face à des exigences réglementaires plus élevées, en raison de leur caractère «too big too fail» (trop gros pour faire faillite), le groupe mutualiste français semble satisfait d’en faire partie au côté de BNP Paribas, du Crédit Agricole et de la Société Générale (lire le tableau).
«Etre un G-SIB (global systemically important bank) donne une certaine empreinte sur le marché et favorise les relations avec les investisseurs internationaux, notamment asiatiques, qui ont souvent des poches réservées aux émissions (de dette, ndlr) des G-SIB», explique une source proche de BPCE. La demande de ces titres étant plus forte, la banque espère des coûts de refinancement moins élevés. «Mais le prix est surtout lié au ‘rating’ des agences de notation et à la liquidité des marchés», relativise la source.
Dans les faits, BPCE est encore G-SIB, son retrait de novembre 2017 n’étant effectif qu’au 1er janvier 2019. La réintégration annoncée vendredi entrera, elle, en vigueur le 1er janvier 2020... En matière d’exigences réglementaires, cet aller-retour n’a pas d’incidence. Comme la première catégorie de G-SIB, BPCE est déjà soumis à un coussin de fonds propres supplémentaires égal à 1% des encours pondérés du risque, en tant qu'établissement systémique domestique. Sa solvabilité est très supérieure au minimum requis, avec un ratio CET1 pro forma de 15,4% à fin septembre. Les G-SIB sont par ailleurs soumis au TLAC (total loss-absorbing capacity) mais, là encore, BPCE dépasse le minimum de 21,5%, avec un ratio de 22,4%. Enfin le ratio de levier réglementaire passe de 3% à 3,5% et BPCE est déjà à 5,1%.
Son retour parmi les G-SIB est lié à la hausse de son score à fin 2017 calculé par le FSB. Certes, le bilan de BPCE a légèrement crû l’an dernier pour atteindre 1.260 milliards d’euros à fin décembre (+25 milliards). Mais «en relatif», la banque française a pâti, comme d’autres banques européennes, «d’effets de change euro-dollar et d’une moindre croissance des banques chinoises», assure la source.
A ce jeu de vases communicants, RBS et Nordea sont sortis de la dernière liste du FSB.
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