BPCE se prépare à choisir son nouveau capitaine
Les prochains jours s’annoncent studieux pour les deux derniers candidats à la présidence de BPCE. Vendredi matin, Nicolas Namias et Daniel Karyotis devront défendre une dernière fois leur vision de la banque devant le conseil de surveillance. Ses membres prendront ensuite leur décision pour désigner celui qui sera à la tête du groupe pour les quatre prochaines années. Le résultat devrait être connu vendredi après-midi, selon plusieurs sources.
Même si rien n’est encore joué, c’est aujourd’hui Daniel Karyotis, actuellement directeur général de la Banque Populaire Auvergne Rhône-Alpes, qui aborde la dernière ligne droite avec un léger avantage. Passé aux finances à l’organe central, « il présente l’avantage d’avoir été président du directoire d’une Caisse d’Epargne et directeur d’une Banque Populaire », estime une source interne. « Après François Pérol, arrivé à la création du groupe en pleine crise financière, et Laurent Mignon, issu de Natixis, la volonté de nommer une personne ayant dirigé une caisse est forte aujourd’hui », estime cette même source. Bien perçu en interne, l’homme ferait aussi jouer ses soutiens à l’extérieur du groupe mutualiste, comme Matthieu Pigasse, patron de la banque d’affaires Centerview à Paris et conseil historique des Caisses d’Epargne dans les années 2000, ou encore Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes.
Nicolas Namias, de son côté, ne manque pas d’atouts à faire valoir aux membres du conseil. Enarque, issu de la haute administration, il a lui aussi été aux finances de BPCE. Mais surtout, après avoir dirigé Natixis, il coiffe lenouveau pôle Global financial services de BPCE, composé de la gestion d’actifs, la banque de financement et d’investissement (BFI) ou encore la gestion de fortune. Son expérience dans la banque de gros est d’ailleurs mise en avant, dans une période de remontée du risque pour les établissements financiers et d’instabilité sur les marchés.
Tremplin de la Bred
Si les deux hommes sont en concurrence, un scénario alternatif est évoqué en interne. La Bred, la plus importante des Banques Populaires, pourrait, selon certaines sources, entrer dans l’équation. Olivier Klein, son influent patron dont le mandat s’achève en mai 2023, s’est retiré de la course à la présidence de BPCE après avoir été un temps candidat. Agé de 65 ans, il ne pouvait briguer le poste sans une révision des statuts. Certains estiment que la direction générale de la Bred pourrait être proposée au candidat non retenu pour diriger le groupe dans son ensemble. Différentes sources évoquent l’idée d’un «ticket»: Daniel Karyotis, âgé de 61 ans, prendrait la présidence de BPCE pour un seul et unique mandat, tandis que Nicolas Namias serait appelé à la Bred.
Nicolas Namias, âgé aujourd’hui de 46 ans, aurait alors la position idéale pour revenir chez BPCE par la grande porte dans quelques années. « Il était convenu depuis longtemps que Nicolas Namias prenne la direction de la Bred, avant que Laurent Mignon n’annonce son départ. Sa nomination à ce poste serait donc naturelle », assure une source. Une hypothèse que d’autres jugent aujourd’hui hors de propos. « Le pôle Global financial services est largement plus gros que la Bred », relève l’un des soutiens de Nicolas Namias qui ne voit donc pas l’intérêt pour le patron de GFS d’aller briguer un place de dirigeant en région. Et ce, en dépit de l’indépendance que confère la Bred, qui a toujours eu une place à part dans le groupe.
Tout reste possible, et le grand oral de vendredi matin, après celui passé mi-octobre par les candidats, aura son importance. Le passé récent a prouvé que tous les scénarios restent ouverts jusqu’aux derniers jours lors de la nomination du président d’une banque. La Société Générale a ainsi préféré nommer à sa tête le directeur de sa banque de financement et d’investissement, le Franco-Polonais Slawomir Krupa, alors que beaucoup, même en interne, estimaient que le patron des réseaux Sébastien Proto, au profil d’inspecteur des finances plus conforme à la tradition du groupe, était favori.
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