BPCE débloque un milliard d’euros pour sa croissance internationale
BPCE se targue d’une ambition internationale pour les années à venir. Le groupe cherche d’une part à satisfaire aux besoins des clients de Natixis – qui regroupe la banque de financement et d’investissement (BFI), la gestion d’actifs et les services financiers spécialisés (SFS) – dans leur expansion à l’étranger. Il entend d’autre part diversifier ses risques, collecter du dépôt et trouver des relais de croissance en développant sa banque de détail à l’étranger.
«Une allocation de fonds propres supplémentaires d’un milliard d’euros est disponible pour procéder à des acquisitions, a indiqué hier François Pérol, le président du directoire de BPCE, à la présentation des comptes de l’établissement. Cela ne représente que 2,5% des fonds propres du groupe et nous agirons de manière raisonnable, ajustée à notre capacité de projection.» Seront donc recherchées des cibles de taille relativement modeste, en priorité dans deux régions du globe: l’Asie du Sud-est et l’Afrique.
L’expansion internationale en banque de détail est une stratégie à risques: BNP Paribas en Ukraine, la Société Générale en Russie et en Roumanie, et surtout le Crédit Agricole en Grèce et en Italie ont payé pour le savoir. BPCE a peu d’expérience dans ce domaine, et celle-ci est peu convaincante. Sa participation de 15% dans l’établissement génois coté Banca Carige l’a ainsi obligé à passer une dépréciation de 225 millions d’euros dans ses comptes au quatrième trimestre 2010.
BPCE détient également 24,5% du capital de VBI, filiale d’Österreichische Volksbanken pour l’Europe centrale. François Pérol a toutefois précisé qu’il ne souhaitait pas augmenter sa participation, alors que la caisse d’épargne autrichienne a décidé en décembre de mettre en vente sa part de 51%. Le président a en revanche confirmé l’intérêt de BPCE pour le marché chinois, notamment les 20% de Bank of Guangzhou que le gouvernement de la province éponyme entend mettre en vente.
Les dirigeants privilégient en revanche la croissance organique pour assurer le développement international de Natixis, notamment à travers la plate-forme asiatique. Cela dit, le renforcement des équipes en gestion d’actifs, quelques investissements sélectifs comme celui réalisé en Inde (où elle a acquis 25% dans la filiale de gestion d’IDFC), et l’acquisition d’expertises, comme H2O dans la gestion taux ou Ossiam dans les ETF, se sont pas exclus.
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