BNP Paribas va céder Bank of the West pour 16 milliards de dollars
La banque française BNP Paribas a annoncé lundi avoir conclu un accord avec Banque de Montréal (BMO) en vue de céder à l'établissement canadien 100% des activités de banque commerciale aux Etats-Unis de sa filiale Bank of the West pour 16,3 milliards de dollars américains, ou 14,4 milliards d’euros.
BNP Paribas s’inscrit dans un mouvement plus général de retrait des banques européennes dans l’activité aux particuliers aux Etats-Unis. La banque de la rue d’Antin reste active outre-Atlantique dans les métiers de banque d’investissement.
Le montant de la transaction représente « 1,72 fois la valeur de l’actif net tangible de Bank of the West et 20,5% de la capitalisation boursière de BNP Paribas, pour une contribution moyenne de Bank of the West au résultat avant impôt du groupe au cours des dernières années d’environ 5% », a précisé BNP Paribas dans un communiqué.
La banque française a ajouté que la transaction générerait une plus-value exceptionnelle, nette d’impôt, d’environ 2,9 milliards d’euros et aurait un effet positif d’environ 170 points de base sur son ratio de fonds propres CET1.
«Nous considérons cette annonce comme positive car elle va débloquer une valeur cachée importante, permettre une réallocation du capital au sein du groupe (ce qui devrait entraîner une appréciation des multiples de l’action) et générer un retour sur capital attractif ainsi que des opportunités de croissance», estime la banque Jefferies.
L’annonce de cette cession permet à l’action BNP Paribas de résister à la chute généralisée du marché. Le titre gagne 0,8% à la mi-journée, à 56,6 euros, alors que le CAC 40 cède plus de 1%.
Rachats d’actions en vue
L’opération devrait être bouclée en 2022, sous réserve des conditions suspensives habituelles, et sera suivie d’un programme de rachat d’actions «afin de compenser la dilution attendue du bénéfice net par action», a indiqué BNP Paribas. La banque n’a pas communiqué le montant de ce programme de rachat d’actions, mais a souligné «à titre indicatif», qu’un «programme d’environ 4 milliards d’euros neutraliserait totalement la dilution du bénéfice net par action».
Nette de ces rachats d’actions, l’amélioration du ratio CET1 de BNP Paribas devrait s'établir à 110 points de base, selon la banque.
Le produit restant de l’opération devrait être redéployé «progressivement et de manière très disciplinée, dans le but d’améliorer la création de valeur à long terme par l’accélération de la croissance organique, en particulier en Europe, des investissements ciblés dans des technologies et des modèles innovants, et des acquisitions ciblées dans des activités à valeur ajoutée», a également indiqué BNP Paribas.
Présence de long terme aux Etats-Unis
Le groupe a parallèlement souligné que sa présence aux Etats-Unis s’inscrivait dans le long terme. «L’implantation de BNP Paribas aux Etats-Unis demeure un pilier stratégique pour le développement de nos franchises d’entreprises et d’institutionnels», a indiqué Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, cité dans le communiqué de la banque.
BNP Paribas conclura également des accords de distribution de long terme avec BMO «dans le cadre d’une coopération transfrontalière et de prestation de solutions de financement d'équipement et de gestion de trésorerie en Amérique du Nord», a indiqué la banque.
L’acquisition permettra par ailleurs à la banque canadienne de se développer aux Etats-Unis. Ensemble, BMO et Bank of the West disposeront de quelques 870 milliards de dollars d’actifs.
Basée à San Francisco, Bank of the West exerce des activités de banque commerciale et de banque de détail, et fournit des financements spécialisés et d’autres services. Détenue par BNP depuis 1979, la banque américaine compte environ 89 milliards de dollars de dépôts, près de 105 milliards de dollars d’actifs, et environ 500 agences dans l’Ouest et le Midwest des Etats-Unis.
Un marché difficile pour les banques européennes
Les banques européennes qui s'étaient lancées à l’assaut du marché américain à partir du début des années 1980 n’ont pas vraiment réussi à gagner du terrain outre-Atlantique. Royal Bank of Scotland Group est sortie de Citizens Financial Group en 2015, et HSBC Holdings a annoncé l’an dernier qu’elle fermerait un tiers de ses agences américaines.
L’espagnole BBVA a décidé il y a environ un an de vendre sa branche américaine PNC Financial Services Group pour environ 11,6 milliards de dollars, dans le cadre d’une opération qui a donné naissance à la cinquième banque de détail des Etats-Unis.
Alors que les grandes opérations de fusion-acquisition avaient été assez rares dans le secteur bancaire depuis la crise de 2008, l’année 2021 en a compté le plus grand nombre jamais observé depuis.
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