BNP Paribas se transforme à grande vitesse
Les résultats de BNP Paribas, première banque française à publier ses comptes, ont été marqués au quatrième trimestre par la restructuration de la dette souveraine grecque et par son plan d’adaptation à la nouvelle donne bancaire, annoncé en septembre. Le bénéfice net a reculé de 50,6% à 765 millions d’euros, tandis que son produit net bancaire baissait de 6%, à 9,7 milliards. Mais les investisseurs ont salué par une hausse de plus de 4% du titre les efforts très rapides d’adaptation au nouveau contexte financier et aux règles à venir.
Déjà provisionné à proportion de 60% au 30 septembre, BNP Paribas a déprécié jusqu'à 75% son encours de dette souveraine grecque au quatrième trimestre. Ces 15 points supplémentaires représentent 639 millions d’euros (dont 72 millions provenant des sociétés mises en équivalence), soit 37% du coût du risque total (dotations nettes/encours de crédit à la clientèle). Pour l’ensemble de l’année 2011, la crise grecque aura coûté 3,45 milliards d’euros à BNP Paribas.
L’établissement a par ailleurs avancé dans son plan de réduction du bilan. L’objectif de baisse de ses encours pondérés du risque d’ici à fin de l’exercice 2012 a même été porté à 79 milliards d’euros, soit 9 milliards de plus que le montant annoncé en septembre dernier. De cet objectif, 25 milliards (31,6%) ont été réalisés au 31 décembre. Concernant la BFI, qui représente 57% du plan, la moitié des objectifs a été réalisée.
Toujours dans la BFI, la réduction des besoins en financement moyen et long termes (MLT) en dollars à fin 2012 est déjà quasiment réalisée (57 sur 60 milliards). L’objectif a du coup été porté à 65 milliards. Le bilan cash (après compensation) en dollars, passé de 370 à 257 milliards entre le 30 juin et le 31 décembre, fait désormais apparaître un excédent de financement de 19 milliards. Le bilan cash total de BNP Paribas, réduit de 12% (à 965 millions d’euros) en 2011, présente un excédent de 31 milliards d’euros.
La réserve d’actifs liquides disponibles atteint 160 milliards d’euros, couvrant 85% des ressources de marché à court terme de la banque. Autre conséquence du plan d’adaptation, le programme de financement MLT pour 2012 a été réduit de plus de moitié par rapport à 2011. Sur les 20 milliards d’euros prévus (contre 43 milliards l’année dernière), un quart a déjà été réalisé au 31 janvier, dont le gros par placements privés. «Le groupe n’a pas besoin de participer au second programme de refinancement long terme de la BCE [LTRO, prévu le 29 février]. Notre participation dépendra de l’intérêt économique de l’opération», ajoute Jean-Laurent Bonnafé, qui a remplacé Baudouin Prot au poste de directeur général le 1er décembre.
Enfin, concernant sa solvabilité, BNP Paribas affiche un ratio de fonds propres durs de 9,6% sous la règle de Bâle 2.5. La direction a confirmé sa volonté s’atteindre un ratio de 9% sous Bâle 3 dès le 1er janvier 2013, sans mesure transitoire. L’impact de Bâle 3, estimé à 180 pb, devrait être notamment compensé par les effets du plan d’adaptation (+68 pb) et la génération de fonds propres par la mise en réserve des bénéfices (+72 pb), qui repose un taux de distribution anticipé de 25%, déjà retenu pour les dividendes versés cette année au titre de l’exercice 2011. De 1,2 euro par titre, le dividende pourra, au choix, être payé en action. Les actionnaires, qui avaient reçu 33,4% des bénéfices 2010, doivent également se restreindre.
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