BNP Paribas renationalise le financement de sa filiale italienne
BNP Paribas entend désormais laisser sa filiale italienne, Banca Nazionale del Lavoro (BNL), se financer de façon indépendante sur son marché domestique. La banque de la rue d’Antin souhaite réduire l’écart de financement existant entre les actifs italiens de BNL et son financement local, a indiqué Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, dans un entretien au Financial Times.
Cet écart a d’ores et déjà été réduit de 30 à 18 milliards d’euros, une diminution notamment permise grâce au recours aux programmes de liquidité bancaire (LTRO) de la Banque centrale européenne, qui aurait atteint 8 milliards d’euros, selon des analystes. Si ce déséquilibre de 18 milliards d’euros, fourni pour l’heure par la maison mère, a vocation à être réduit d’ici la fin de l’année, le dirigeant n’a toutefois pas précisé dans quelle mesure.
«L’augmentation du financement local de BNL et la réduction concomitante du financement de la banque italienne par sa maison mère devrait être positif pour les spreads obligataires de BNP Paribas», estime la recherche crédit d’Aurel ETC Pollak. Le courtier s’interroge toutefois sur la façon dont «BNL pourra augmenter substantiellement ses ressources auprès de sa clientèle italienne sans détériorer son compte d’exploitation en payant plus cher ses ressources». Sur la base d’un produit net bancaire en hausse de 2,1%, la filiale a dégagé, sur le premier semestre 2012, un résultat avant impôt en recul de 4,7% à 282 millions d’euros.
Alors que les spreads observés sur les obligations seniors de BNL et d’une banque comme Intesa Sanpaolo sont actuellement très proches (335 et 334 points de base respectivement), le spread de la première «devrait être plus élevé». «Autant Intesa Sanpaolo est une grande banque indépendante, autant la déclaration de Laurent Bonnafé laisse planer un doute sur l’affectio societatis de BNP Paribas pour sa filiale italienne», indique Aurel ETC Pollak.
Aux yeux de professionnels du marché, BNL constitue l’un des principaux facteurs pesant sur le cours du titre de la banque française. «Les investisseurs souhaiteraient voir les opérations italiennes davantage financées sur leur marché domestique», selon un analyste de Nomura. Interrogée par L’Agefi, BNP Paribas n’a pas souhaité faire de commentaires sur ces informations.
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