BNP Paribas prend prétexte de Bâle 3 pour restructurer ses filiales
Bâle 3 n’a pas encore été transposé en droit européen à travers la directive CRD4, objet d’un intense lobbying. Mais les banques prennent déjà prétexte des futures règles de solvabilité et de liquidité applicables entre 2013 et 2019 pour lever le pied sur certaines activités. C’est le cas de BNP Paribas, qui a annoncé mi-mai un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) au sein de son pôle Leasing Solutions, selon plusieurs sources concordantes.
BNP Paribas Leasing Solutions, qui est devenu la marque commerciale de l’entité BNP Paribas Lease Group (BPLG), envisagerait de supprimer environ 120 postes et d’en modifier une vingtaine d’autres. Argument avancé: les futurs ratios de liquidité sous Bâle 3, dont le mode de calcul et le caractère obligatoire sont pourtant loin d’être figés dans le marbre, vont pénaliser les activités de prêt qui ne sont pas adossées à des ressources stables. Le crédit-bail est de celles-là. BNP Paribas entendrait ainsi lever le pied sur la production de leasing, notamment pour des durées longues, et adapterait ses forces administratives et commerciales en conséquence.
En interne, certains ne sont cependant pas dupes. «L’arrivée de Bâle 3 est une bonne excuse», juge un observateur. L’ex-BPLG est en effet abonné depuis quelques années aux restructurations, avec déjà deux PSE lancés en 2007 et 2009. Le deuxième, qui s’achève fin 2011, portait sur environ 140 suppressions de postes et 110 modifications de contrats de travail.
Le pôle Leasing Solutions revendique sur son site 20 milliards d’euros d’encours à fin 2009 pour un produit net bancaire consolidé de 600 millions d’euros. BPLG ne publie au Balo que ses comptes sociaux, qui faisaient apparaître pour 2009 (dernier exercice disponible) un résultat net de 69 millions. Contre 8 millions l’année précédente et une moyenne de 155 millions par an sur la période 2005-2007.
BNP Paribas n’était pas en mesure hier de commenter l’information. Mais la réflexion sur les conséquences de Bâle 3 pourrait aussi toucher dans les prochaines semaines un autre métier, celui du financement immobilier exercé par Cetelem (en fait, l’ex-UCB) au sein du pôle Personal Finance. L’activité emploie 800 personnes en France. De sources syndicales, un projet de réorganisation pourrait être annoncé dès la fin juin aux partenaires sociaux du pôle.
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