BNP Paribas peine en Bourse derrière ses consœurs françaises
Dans le cercle restreint des banques françaises cotées, BNP Paribas fait bande à part. La banque de la rue d’Antin cède près de 8% en Bourse depuis le début de l’année, tandis que ses consœurs Société Générale, Crédit Agricole SA et Natixis progressent respectivement de 6,4%, 21,8% et 19,5%. Les valeurs bancaires ont largement fait mieux que le CAC 40 (+3,8%). Sur un an, la croissance du titre dépasse les 50% pour le trio (voire 60% en ce qui concerne SocGen et CASA), alors que celle de BNP Paribas se limite à 22%.
Les résultats trimestriels de la première française en termes de capitalisation boursière, publiés mercredi, sont venus souligner le risque d’une très lourde amende aux Etats-Unis qui viendrait excéder «très significativement la provision constituée» à fin 2013 (1,1 milliard de dollars). Dans un cas comparable, HSBC a écopé d’une amende de 1,9 milliard de dollars fin 2012, pour laquelle le groupe avait constitué des provisions totalisant 1,5 milliard de dollars. Une incertitude synonyme de sueurs froides pour des investisseurs boursiers.
Le titre BNP Paribas a encore perdu 3% vendredi (à 52,48 euros), Credit Suisse ramenant son opinion sur le titre de «superformance» à «neutre», avec un objectif de cours abaissé de 60,1 euros à 59 euros. Même si le bureau de recherche se dit confiant quant à la capacité du groupe à valider son plan industriel sur le plus long terme, il estime dans une note que «2014 devrait être une année de transition, au cours de laquelle le groupe consentira des investissements (recrutements, informatique et financement) avant de mettre en œuvre sa stratégie».
Pour John Raymond, analyste senior sur les banques européennes chez CreditSights, «la réaction du marché boursier est compréhensible étant donné la possibilité d’une autre surprise négative lors de résultats trimestriels plus tard dans l’année ou au-delà». Il note cependant que du côté des marchés de crédit, «BNP ne semble pas avoir souffert».
Le PER (ratio cours sur bénéfice) de BNP Paribas est estimé pour 2014 à près de 11, contre environ 9,8 pour SocGen et CASA. Ces dernières rattrapent donc aussi sur 2014 un écart de valorisation. Credit Suisse considère que «Crédit Agricole SA, Natixis et la Société Générale offrent un meilleur couple risque/rendement pour les investisseurs dans le cadre d’une vision plus large du secteur bancaire européen».
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