BNP Paribas part à l’assaut des grandes entreprises en Allemagne et aux Pays-Bas
Devenir la banque unique des grandes entreprises en Europe. C’est l’ambition affichée hier à Bruxelles par BNP Paribas lors du lancement de la campagne de promotion de la plate-forme de produits de flux (gestion de trésorerie, crédit classique et export, etc) mise en place depuis un an. Grâce à l’apport de Fortis, et après nettoyage du portefeuille de ce dernier, la banque des entreprises du groupe français revendique 160.000 clients, principalement dans les pays où le groupe a un réseau de détail (France, Italie, Belgique, Luxembourg, Turquie et Pologne).
Environ 16.000 d’entre eux sont des groupes internationaux et leurs filiales, ou de grosses PME avec un chiffre d’affaires de plusieurs centaines de millions d’euros. Sur ce segment, «nous visons 3.000 nouveaux clients d’ici à la fin 2012, soit 20 % de plus qu’aujourd’hui», annonce Alain Papiasse, responsable de la banque de financement et d’investissement. «Entre un quart et un tiers seront situés en Allemagne et aux Pays-Bas», précise Rudi Collin, responsable de Corporate and Transaction Banking Europe (CTBE) qui englobe 17 pays où BNP Paribas n’a pas de réseau domestique. Outre-Rhin, le groupe veut prendre la place laissée vacante par les banques locales en difficulté auprès des industries de taille moyenne tournées vers l’exportation. Aux Pays-Bas, il mise sur les multinationales qui y ont leur siège européen et sur les courants d’affaires avec la Belgique.
Avec ses 150 centres d’affaires, répartis dans 23 pays européens, il veut égaler le modèle mis en place par l’américain Citigroup. Si BNP Paribas propose des solutions transnationales pour le financement export, la location longue durée, la gestion de trésorerie et l’affacturage, le groupe doit renforcer ses capacités locales dans ce dernier métier. Déjà présent en Europe de l’Ouest, en Turquie, en Espagne et au Portugal, il va ouvrir cette année des filiales d’affacturage au Royaume-Uni, en Pologne et aux Pays-Bas, mais pas en Allemagne.
Après 100 millions d’euros de dépenses de restructuration, «nous allons investir 100 millions d’euros dans de nouveaux développements dans les trois à cinq ans», indique Jean-Laurent Bonnafé, directeur général délégué de BNP Paribas. Il chiffre à 7 milliards les revenus annuels du groupe auprès des entreprises en Europe, avec un potentiel de hausse de 1 à 1,5 point supérieur à la croissance économique du continent.
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