BNP Paribas mène tambour battant l’intégration de la Banque de Bretagne
Fidèle à son habitude, BNP Paribas mène l’intégration de la Banque de Bretagne (BdB) au pas de course. La banque va faire voter lors de sa prochaine assemblée générale la fusion-absorption de sa filiale bretonne, dont l’actif net a été évalué à 96 millions d’euros, selon un avis paru le 8 avril au Balo. La fusion juridique prendra effet au 1er octobre, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2011.
Le rapprochement effectif des deux enseignes doit s’achever, lui, à la fin du premier trimestre 2012. Afin de garder un ancrage local face aux deux mastodontes que sont le Crédit Mutuel et le Crédit Agricole, le logo du groupe affichera la double marque «BNP Paribas – Banque de Bretagne» dans les quatre départements de la région.
Pour le reste, le projet signe la fin de l’autonomie de la filiale bretonne, qui disposait jusqu’à présent de son propre système informatique, fabriquait ses produits «maison» et assurait elle-même une bonne partie de son refinancement. Ce sont d’ailleurs les lourds investissements réclamés par la remise à jour de son informatique vétuste qui ont donné le coup d’envoi au projet d’absorption au deuxième semestre 2010. Mais celui-ci va bien au-delà: grâce aux économies d’échelle et de frais immobiliers engendrés par l’opération, le groupe aurait chiffré à 22 millions d’euros de cash annuel supplémentaire, au bout de deux ans, le bénéfice de l’opération, selon des sources internes.
L’absorption de la Banque de Bretagne se traduira en effet par des fermetures d’agences, liées aux doublons entre les deux enseignes. Sur les 124 points de vente cumulés entre le réseau BNP Paribas et celui de BdB, n’en resteront que 88. La moitié des agences aujourd’hui estampillées Banque de Bretagne (27 sur 53) seront notamment fermées. Le groupe s’est cependant dit prêt à ouvrir entre 5 et 10 agences dans les zones où il est moins implanté.
Des suppressions de postes sont aussi au programme. Sur les quelque 1.370 salariés BNP Paribas et Banque de Bretagne concernés par l’opération, environ 300 voient leur poste supprimé, sans licenciement. Les fonctions du siège de la filiale bretonne sont particulièrement touchées. Le groupe s’est engagé à reclasser en interne tous les collaborateurs concernés. «La promesse sera difficile à tenir compte tenu des mobilités géographiques imposées à certains salariés», juge cependant un élu du personnel.
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