BNP Paribas envisage d’ouvrir son capital au Qatar
Les banques françaises cherchent un plan B. Sous menace d’une dégradation de Moody’s, BNP Paribas aurait envoyé un émissaire au Moyen-Orient pour sonder l’intérêt de potentiels investisseurs au cas où la banque devrait se résoudre à effectuer une augmentation de capital. BNP Paribas chercherait à lever auprès d’investisseurs du Qatar ou d’Abou Dhabi jusqu'à 2 milliards d’euros, selon le Financial Times. Reuters évoque que d’autres banques françaises seraient également en négociations avec le Qatar pour un investissement du même type. Une solution qui permettrait à l’Etat de ne pas nationaliser ces banques et risquer ainsi de perdre son «AAA».
Dans un entretien accordé aux Echos, Baudouin Prot ne souffle mot d’un tel projet, mais constate que « l’inquiétude des investisseurs sur la zone euro et les problèmes de la dette souveraine font que les marchés ne prennent pas réellement en compte les informations que nous leur donnons». Une opinion partagée par Alexis Koagne, analyste chez Natixis. «Les banques peuvent essayer de rassurer les marchés autant qu’ils le veulent, les fondamentaux ne semblent plus avoir aucune importance», estime-t-il.
Baudouin Prot a également dit être prêt à accepter une décote supplémentaire sur ses titres grecs. La banque est exposée à hauteur de 3,5milliards d’euros en Grèce et de 20,8milliards en Italie, et son cours a dévissé de 55% depuis fin juin. Compte tenu de la corrélation entre risque souverain et bancaire, Natixis estime que «recapitaliser les banques n’amènera pas de solution au problème originel, à savoir la crise budgétaire».
Et la situation de la liquidité ne s’améliore pas. Le spread euribor-OIS 3 mois s’affiche à 82 bp, et malgré l’engagement pris par cinq banques centrales de fournir autant de liquidités en dollar que nécessaire aux banques européennes, les marges de basis swap un an contre libor flat se sont encore élargies.
A l’occasion d’un CCE extraordinaire organisé hier après-midi, BNP Paribas a confirmé des suppressions de postes au sein de sa BFI. «Le mot a été lâché: des plans de départs volontaires sont envisagés dans les financements structurés. Ces mesures devraient concerner l’Amérique latine, New York, Londres, la Suisse, l’Asie et Paris où cette activité emploie 600 personnes environ», indique Joël Debeausse, délégué syndical national adjoint du SNB-CFE CGC.
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