BNP Paribas accélère pour atteindre ses objectifs 2016
BNP Paribas conforte son image de bon élève. Un an après la perte liée à son amende record aux Etats-Unis, «la société redonne confiance dans sa capacité à réaliser les objectifs 2016 de son plan stratégique», estime Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC Securities. La banque a publié vendredi un bénéfice net de 2,55 milliards d’euros au deuxième trimestre, supérieur aux attentes et en hausse de 13,7% sur un an (hors éléments non récurrents comme la plus-value de cession sur Klépierre).
Le groupe affiche aussi un rendement des fonds propres (RoE) annualisé et hors exceptionnels de 10,1%, «au niveau que nous avons fixé pour l’horizon de notre plan 2016», souligne Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. La banque vise un RoE supérieur à 10% l’an prochain, contre 7,3% en 2013.
Son produit net bancaire s’ancre juste au-dessus de 11 milliards et croît de 12,2% dans les pôles opérationnels, malgré la poursuite du recul de la banque de détail en France (-2%) et en Italie (-2,7%). Sur le semestre, le PNB atteint 22,15 milliards (dont 117 millions d’exceptionnels), en bonne voie pour dépasser les quelque 42,7 milliards annualisés visés pour 2016. Malgré la hausse des charges, le coefficient d’exploitation du trimestre se rapproche de l’objectif de 63%, à 63,9%. A fin juin, le groupe a réalisé 2,28 milliards d’économies récurrentes sur les 3 milliards prévus pour 2016.
Ces efforts pourraient ne pas suffire. Face aux réglementations toujours plus contraignantes, BNP Paribas prépare un nouveau plan «pour améliorer l’efficacité» et «réduire les coûts» de sa banque de financement et d’investissement (BFI), confirme Philippe Bordenave, directeur général délégué. Alors que les analystes attendaient des annonces vendredi, la banque fera «le point à l’issue des résultats annuels» de 2015, précise Jean-Laurent Bonnafé. Selon Bloomberg, le groupe veut abaisser les charges de sa BFI de 20% d’ici à 2019, soit un effort supérieur au milliard d’euros de coupes réalisées de 2010 à 2013.
En attendant, «le groupe affiche une très bonne amélioration du ratio CET 1 (core equity tier 1, ndlr) et du levier», relève Alex Koagne, analyste chez Natixis. Au cours du trimestre, le ratio de fonds propres durs gagne 30 points de base, à 10,6%. BNP Paribas n’ira pas forcément au-delà. «Aujourd’hui les banques sont surcapitalisées et surliquides. Nous attendons de voir comment les minima réglementaires évoluent pour nous ajuster», prévient Philippe Bordenave.
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