BNP Paribas a enregistré un bénéfice meilleur que prévu au deuxième trimestre
BNP Paribas a publié jeudi un
bénéfice net de 1,85 milliard d’euros au deuxième trimestre 2012, en baisse de
13,2% par rapport à la même période un an plus tôt, mais supérieur aux attentes
(1,74 milliard d’euros). La relative stabilité des activités de banque de
détail a permis de compenser la baisse des revenus dans les activités de
marché. Par ailleurs les provisions pour pertes sur le crédit ont été moins
élevées que prévu et les charges de restructuration moins lourdes
qu’initialement anticipé. «Nous sommes très confiants pour la seconde
partie de l’année», a déclaré Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général
de la banque, à Reuters Insider.
Sur le deuxième trimestre, les provisions ont baissé de près de
37%. Mais corrigé de l’impact l’an dernier des provisions faites sur la dette
souveraine grecque, le coût du risque progresse de 4,5%. A titre de comparaison,
la Société générale a fait état mercredi d’un résultat net de 433 millions
d’euros pour le deuxième trimestre, pénalisée par des dépréciations sur ses
filiales américaine et russe. Au début de la semaine, plusieurs banques
européennes (Deutsche bank, UBS, Société générale ...) ont affiché des
résultats affectés par la crise de la zone euro et l’atonie économique.
BNP Corporate and investment bank a subi l’impact des réductions
de coûts et de la volatilité des marchés avec un bénéfice avant impôt en chute
de 40% et une baisse de un quart des revenus. La banque de détail a affiché un
bénéfice avant impôt en baisse de seulement 2%.
BNP Paribas, qui a comme d’autres banques européennes engagé un
vaste programme de réduction de la taille de son bilan et de restructuration de
sa banque de financement et d’investissement en raison des évolutions
réglementaires et de la crise, explique avoir d’ores et déjà réalisé à 90% son
plan. La facture de cette cure d’amaigrissement se révèle moins lourde que
prévu, à moins de 400 millions d’euros contre une estimation initiale de 800
millions.
A fin juin, le ratio prudentiel de fonds propres durs de la banque
(«common equity tier 1") a atteint 10,9%, au-delà de l’objectif de 9%
fixé par l’Autorité bancaire européenne. Avec le renforcement de ses fonds
propres, BNP Paribas estime désormais qu’elle a presque atteint les exigences
de fonds propres imposées par les normes prudentielles dites de Bâle III,
«avec six mois d’avance».
Pour l’avenir, BNP Paribas prévoit que le coût du risque, qui
mesure le montant des provisions destinées à couvrir les pertes sur le crédit,
restera stable au cours des prochains trimestres en dépit de la dégradation de
la conjoncture économique. La banque souhaite plafonner son exposition aux dettes
souveraines à environ 10 milliards d’euros par pays pour tenir compte des
nouvelles règles prudentielles Bâle III, a expliqué Jean-Laurent Bonnafé. Il a
aussi indiqué que la banque excluait de se lancer dans des acquisitions en
raison du nouveau cadre réglementaire en gestation pour le secteur bancaire.
Dans l’affaire des
manipulations du Libor, BNP Paris dit ne pas être impliquée et estime que les
régulateurs doivent changer son mode de calcul et le niveau de contrôle.
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