BlackFin Capital Partners espère tripler les revenus de Moneo à horizon 2015
BlackFin Capital Partners (BlackFin) sort de l’ombre en cette fin d’année 2010. Après avoir annoncé la semaine passée son premier investissement (Owliance) depuis sa création en 2008, le fonds spécialisé dans le domaine des services financiers vient d’acquérir BMS-Moneo (Moneo), société en charge du développement du porte-monnaie électronique, et SFPMEI, établissement qui émet et garantit les encours de monnaie électronique.
Dans le cadre de cette opération, dont le montant, non divulgué, devrait s’élever à quelques millions d’euros, «nous souhaitons faire passer Moneo d’une croissance molle à une croissance agressive en partant du succès réalisé autour des étudiants. Les trois quarts d’entre eux disposent d’une carte Moneo multiservice, leur permettant de payer leur repas au restaurant universitaire ou d’accéder à la bibliothèque», explique à L’Agefi Eric May, l’un des quatre fondateurs de BlackFin.
L’objectif est de «répliquer ce modèle auprès d’autres grands comptes tels que les collectivités locales, les ministères ou encore les hôpitaux. Moneo doit sortir de son développement historique vers les petits commerçants et évoluer vers un modèle de services», poursuit le dirigeant.
Cette stratégie avait toutefois été évoquée dès 2005 par Moneo, qui visait alors les municipalités et les grandes entreprises, sans se concrétiser. Et le chiffre d’affaires de la société s’est révélé stable, autour de 10 millions d’euros, au cours des dernières années. «Nous prévoyons de tripler les revenus à 30 millions d’euros à horizon 2015», veut croire Eric May.
Dans cette optique, BlackFin entend étoffer l’équipe commerciale, composée de moins de cinq collaborateurs, en recrutant une dizaine de personnes dans les 12 à 18 mois à venir et de mettre en place une équipe de gestion de projet d’une dizaine de personnes. Un deuxième axe de développement repose sur internet. «Moneo est un moyen de paiement idéal car anonyme. Le paiement est simplifié, plus sécurisé et irrévocable», indique le dirigeant.
Détenue auparavant par plusieurs actionnaires (France Télécom, la RATP, la SNCF et sept banques), Moneo va «bénéficierd’une gouvernance simplifiée, permettant d’aller plus vite dans les décisions», ajoute Eric May. Ce dernier remplace Patrick Werner, le patron de la Banque Postale, au poste de président non exécutif de Moneo. Le directeur général Olivier Méric reste en place.
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