Bercy se félicite de l’attitude des banques pour financer les entreprises
«Les engagements pris ont été tenus», s’est réjouie hier la ministre de l’économie Christine Lagarde, à l’issue d’une réunion sur la situation du crédit à l’économie en France. Selon Bercy, les encours de crédit ont progressé de 3,2% en France entre fin août 2009 et fin août 2010, contre 1,2% sur l’ensemble de la zone euro. Un phénomène que Christine Lagarde explique par l’action du gouvernement (médiation du crédit, déploiement d’Oséo, soutien au crédit fournisseur…) et, donc, le respect des engagements des banques françaises.
Mais la baisse des taux a surtout bénéficié au crédit à l’habitat (+6,5% sur 12 mois à fin août 2010). Le crédit aux entreprises a, lui, progressé beaucoup plus modestement sur la période, à 771 milliards d’euros (+0,4%, contre une baisse de 1,2% pendant l’année 2009). Il a en fait été porté par les TPE et PME indépendantes (+4%).
De là à y voir le résultat de l’action du médiateur du crédit, il n’y a qu’un pas. Souhaité par la CGPME et le médiateur lui-même, le maintien de cette institution créée en 2008 a été confirmé au-delà des espérances. «Nous avons acté le principe de la poursuite de la médiation pendant deux ans, jusqu’en 2012», a déclaré Christine Lagarde. Une perspective face à laquelle Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale et qui représentait la Fédération bancaire française (FBF), a fait contre mauvaise fortune bon cœur: «Le médiateur a très bien fonctionné. Mais il y a un moment où il faudra sortir de ce dispositif; de notre côté, nous nous sommes engagés à améliorer la qualité des relations avec nos clients».
Les banques veulent également faciliter l’accès des PME aux marchés de dette. En effet, les grandes entreprises ont en fait surtout eu recours au marché obligataire pour se financer. Les montants émis ont progressé de 10,2%, entre août 2009 et août 2010. Une désintermédiation dont ont également profité les départements de marchés de capitaux des banques, et que les réformes réglementaires (Bâle 3) devraient favoriser.
«Une progression du crédit de 0,4% peut paraître peu. Mais il faut tenir compte également des crédits mobilisables, dont les encours ont progressé de 12%. Non encore tirés mais utilisables par les entreprises en cas de reprise de l’activité, ils font partie de la masse de crédits disponibles déjà octroyée par les banques», souligne Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France.
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