BBVA souffre sur son marché domestique

La deuxième banque espagnole, qui affiche un repli de 17 % de son résultat au troisième trimestriel, juge que les encours douteux plafonnent
Elodie Cuzin, à Madrid
Photo Bloomberg
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BBVA, la deuxième banque espagnole, a annoncé hier un résultat net au troisième trimestre 2010 de 1,14 milliard d’euros, en repli de 17% par rapport à l’année dernière. Le groupe a gagné 3,67 milliards d’euros (-12,2%) depuis janvier. L'économie domestique nuit à ses résultats alors que la croissance devrait rester négative cette année en Espagne.

La marge nette d’intérêt se replie de 5,5%, à 3,25 milliards d’euros au troisième trimestre. «Les taux à court terme remontent légèrement et cela se transmet rapidement au passif alors que l’actif met plus de temps à s’apprécier», a précisé aux analystes Angel Cano, l’administrateur délégué du groupe.

Les provisions entament également ses profits. BBVA a ainsi mis de côté 198 millions en accord avec une nouvelle norme introduite par la Banque d’Espagne (BDE) fin septembre qui exige de doter plus rapidement les actifs risqués. Le groupe a destiné 233 millions d’euros tirés de la vente de locaux en Espagne à ses provisions génériques. Son taux de couverture remonte à 62%.

BBVA affirme cependant que son taux d’encours douteux, à 4,1% fin septembre face aux 4,3% de décembre 2009, n’augmentera plus, grâce notamment à une exposition au secteur immobilier plus faible que celle de ses concurrents espagnols. La BDE a révélé hier qu’elle chiffrait à 181 milliards d’euros les investissements «potentiellement problématiques» des banques espagnoles dans ce secteur.

Face aux difficultés domestiques, le groupe affiche sa diversification. Près de la moitié de son résultat brut d’exploitation «provient désormais de zones en développement». BBVA admettait récemment être en négociations avec la banque turque Garanti mais l’opération semble compromise. Les bénéfices nets des régions dynamiques, comme le Mexique, où la banque gagne 451 millions d’euros au troisième trimestre (+5,1%), l’Amérique latine ou les États-Unis ne suffisent cependant pas à contrer la langueur de la zone Espagne-Portugal : 501 millions d’euros (-15%). La division de banque de gros est aussi aujourd’hui l’un des paris de BBVA qui a récemment annoncé 1.000 recrues en trois ans. Elle a dégagé 730 millions d’euros (+9,2%) depuis janvier.

Le groupe met l’accent sur son ratio solide de fonds propres durs, 8,2%, et assure que les dividendes ne baisseront pas et pourraient même augmenter en 2011.

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