BBVA prend ses pertes sur ses investissements en Chine
Comment dégager une énorme moins-value tout en musclant ses fonds propres ? Grâce à la complexité des règles prudentielles de Bâle 3. BBVA a annoncé hier la vente d’un bloc de 5,1% du capital de la banque chinoise China Citic Bank à la maison mère de cette dernière, pour l’équivalent de 944 millions d’euros.
La banque espagnole, qui conserve 9,9% de Citic Bank, enregistrera une dépréciation de 2,3 milliards d’euros sur l’intégralité de sa participation, mise en valeur de marché. Mais elle devrait améliorer dans le même temps de 2,4 milliards d’euros ses fonds propres durs (common equity tier 1, CET1) en normes Bâle 3, soit une hausse de 0,72 point de son ratio de solvabilité CET1.
A 15%, la ligne Citic, valorisée à 3,9 milliards dans les comptes de BBVA, devait être déduite intégralement des fonds propres sous Bâle 3, en vertu du traitement prudentiel des participations dans le secteur de la finance. En passant sous les 10%, le groupe espagnol peut la requalifier en actif disponible à la vente et s’épargner cet effet contraire. BBVA, qui visait jusqu’à présent un ratio CET1 d’au moins 9% fin 2013, se rapproche grâce à cette opération de ses concurrentes européennes plus solides. «Elle était clairement sous la moyenne auparavant, relève CreditSights. Cela donne aussi plus de confort aux porteurs des obligations CoCo tier 1 émises cette année par la banque».
Au-delà des subtilités comptables, le prix de vente en dit long sur la perte de valeur du secteur bancaire chinois. BBVA était rentrée au capital fin 2006, à une époque où les banques des pays émergents pouvaient se payer 3 fois leur actif net. Elle s’est renforcée en 2009, année où Citic Bank a atteint son sommet boursier à 6,73 dollars de Hong Kong. La vente des 5,1% s’est faite à un prix de marché de 4,15 dollars. Jusqu’à hier, BBVA portait 1,6 milliard d’euros de survaleurs sur sa participation de 15%.
Le groupe doit cependant encore éclaircir sa stratégie en Chine. L’accord signé avec Citic prive BBVA de l’un de ses deux postes d’administrateurs de l'établissement chinois et fait tomber des clauses d’exclusivité. Cela a permis à la banque espagnole d’annoncer hier son intention d’ouvrir une succursale de plein exercice dans le pays, tout en continuant à coopérer avec Citic. Reste à savoir si elle a besoin pour cela de conserver une part de 9,9% valorisée à plus de 1,8 milliard d’euros.
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